Docteur Culotte « Olga »

Docteur Culotte. Il faut en avoir justement dans la culotte pour prendre un nom de scène pareil. On hésiterait presque à récouter en se disant voilà encore un groupe qui annonce tout dans son nom mais ne dit rien avec sa musique. Mais bien mal à celui qui n’utiliserait pas un peu de sa curiosité malsaine pour découvrir ce que ce Docteur Culotte a dans le pantalon.

Docteur Culotte est la rencontre entre le chanteur britannique Sol Hess (Sol Hess and The Sympatik’s) et le dessinateur de BD Jérôme D’Aviau. Ils annoncent qu’ « Ensemble ils livrent avec fièvre des chansons d’amour comme s’il n’y avait pas de lendemain« . Le groupe est créé à l’occasion d’un festival de BD à Québec dans lequel ils étaient tous les deux invités.  Les deux membres en reviennent avec des morceaux qu’ils s’empressent d’enregistrer sur un 4 pistes avec quelques invités d’exception dont Mari Lanera (LDLF, Zero Branco…) et Benjamin Carerra (Le Dernier Cri) à la basse, ainsi que le dessinateur Adrien Demont à la trompette.

Olga s’ouvre avec une élégance toute retenue sur un morceau consacré à une icône du cinéma qui, en son temps a fait, pardonnez l’expression, mouiller des milliers de slips kangourou. Avec une volonté plus que louable de ne jamais vouloir s’enfermer dans des cases (non pas de BD), les Bordelais auscultent un punk-rock fiévreux dont Mark E. Smith serait un patient ingérable (Silver Shiny Dress, Theodore). Après l’intermède instrumental (Intermission), la fièvre punk que l’on situait depuis le début du côté de Manchester, se retrouve maintenant à New York.  Et Docteur Culotte ne se prive pas de faire la rencontre du fantôme de Lou Reed sur Behind The Wooden Gate et d’une certaine Olga que l’on imagine au bras d’un Johnny Thunders ou de Tom Verlaine.  Le mini-albumse termine comme il a commencé, avec le charme et le chic d’une ballade charnelle nommée Skin.

Après écoute de ce premier effort, on est tous d’accord pour dire que Docteur Culotte a un nom ridicule qui pourrait lui porter préjudice, mais ça serait dommage de passer à côté de ces sept morceaux au charme et à l’énergie débordante.

Damien

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