Disappears « Era »

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S’il y a bien une chose de sûre avec le dernier album de Disappears, c’est que l’on entendra plus « Tu sais Disappears, le groupe de Steve Shelley des Sonic Youth ». Heureusement, car c’était faux. Disappears n’a jamais été le groupe de Steve Shelley, seulement une récréation. Disappears a existé avant avec deux albums ambitieux (Lux, 2010 et Guider,  2011) et vit encore après son départ pour le projet de son compère de Sonic Youth, Lee Ranaldo & The Dust.

Steve Shelley disparu de Disappears, la bande à Brian Case n’a pas beaucoup de mal à prouver que sa musique n’a pas besoin de faire-valoir pour montrer qu’elle a tout pour être parmi les plus aventureuses aujourd’hui. Era, le dernier album en date en est la meilleure preuve.

Antithèse de Pre Language qui s’aventurait vers des chemins plus faciles d’accès pour l’auditeur, Era est le prolongement du sombre EP Kone, annoncé à l’époque comme une ouverture vers une nouvelle ère pour le groupe. Une ère dans laquelle Disappears refuse de faire du surplace à l’instar de Can poussant sans cesse les limites de sa musique. Le groupe de Chicago poursuit son travail de sape qui est d’explorer le côté obscur du post-punk mâtiné de krautrock. Avec ses ambiances lugubres, répétitives, anxiogènes et presque goth, Era convoque le jusqu’au boutisme des Liars et manichéisme noir et blanc de Bauhaus. Plus radical, plus austère, plus expérimental aussi, Era peut être la bande son d’une ville dystopique comme Metropolis de Fritz Lang auquel la pochette pourrait être un détail.

John Peel disait de The Fall «  Ils sont toujours différents ; ils sont toujours pareils ». C’est un peu la même chose avec Disappears. Comme (encore une fois) Can, Disappears enfonce toujours le même clou et trouve la nouveauté dans l’expérimentation, l’abstraction et la répétition de thèmes simples.

Passionnant et hypnotique du début jusqu’à la fin, Era est l’album qui vous fera prendre conscience que l’été est bel et bien fini.

 

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