Déficit Budgétaire :: Sanction

© Lucile Reynard

© Lucile Reynard

La première rencontre avec Déficit Budgétaire a eu lieu avec la compilation Wavecore 2 sortie fin 2013 par le label parisien Anywave. Depuis, Déficit Budgétaire n’a pas vraiment changé et reste le nom de groupe le plus classe et le moins googlelisable. Mais Bertrand Genevi et Christophe Gitton n’en ont rien à faire, car ils ont décidé de ne compter que sur eux-mêmes et sur leur musique. Une musique qui respire l’austérité synthétique et la crise électrique. Leur second EP sorti sur la structure Not For Sale de Gonzaï Records possède la radicalité du terrorisme sonore. Et comme chaque éclat terroriste, Sanction nous inflige la peine maximale en nous renvoyant comme un miroir le réalisme de la société d’aujourd’hui. Celle que l’on ne veut pas voir. Froide, anxiogène et inhospitalière. Une réalité qui fait mal, mais qui a le mérite de remettre les choses en place. Inutile de dire que l’esprit du 11 janvier en prend un coup ici.
Comme Blackmail, Déficit Budgétaire invente un nouveau No Futur aussi beau et sombre qu’une journée sans Happy dans un poste radio. Pour ce faire, le duo parisien n’a pas besoin de grand-chose pour nous laisser sur le pavé des désillusions. Seuls une guitare, un korg et une voix noyée dans un maelstrom sonore suffisent pour que Johnny Blaze nous scalpe le crâne avec sa scie musicale ou qu’Enter The Void martèle notre cerveau avec sa boite à rythme. À côté, Suicide c’est Chantal Goya au pays des bisounours ou La Grande Dépression de Jessica 93 parce qu’il est devenu trop mainstream.
Bénis soient les plus jeunes, car ils hériteront du déficit budgétaire de l’État dixit le président américain Herbert Hoover. Nous préférons dire bénis soient les plus jeunes, car ils hériteront du Déficit Budgétaire de Gonzaï Record.

Damien

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