dÉbruit « From the Horizon »


Debruit-from_the_horizon
« Les titres des
tableaux ne sont pas des explications et les tableaux ne sont pas des
illustrations des titres
 ». Soit, mais on demanderait tout de même bien
à Magritte comment il intitulerait la couverture du premier album de dÉbruit dont le tableau « Faux Miroir » est ici retravaillé à
la manière d'une toile de Dali. Une pochette surréaliste pour illustrer une
musique qui l’est tout autant.

Depuis déjà trois EP (Coupé
Décalé
et Spatio Temporel en 2009
puis Sis Surpriz en 2011), le breton voyageur
Xavier Thomas creuse le sillon d’une musique electro ethnique à la sauce
beatmaker. Après trois années de recherches de samples africains, dÉbruit sort
enfin son premier long format From The
Horizon
.

A la manière des archéologues déterrant les groupes afro
funk des pays d’Afrique pour les rassembler dans des compilations tout aussi remarquables
les unes que les autres, dÉbruit archive les sons ethno funk amassés ces
dernières années pour mieux les retravailler ensuite. Loin d’être une sorte de
Johnny Clegg profitant du malheur de ses amis brimés par l’Apartheid pour se
donner bonne conscience, dÉbruit se positionne plus à la manière d’un
Gainsbourg période Percussions (Couleur
Café, Marabout…) recherchant un nouveau souffle pour sa musique. Chercher dans
la tradition pour faire du neuf. dÉbruit fait sienne une autre devise de
Magritte « Etre Surréaliste c’est
bannir le « déjà-vu » pour faire du « pas encore vu » 
».
Bien sûr, on peut lui dire que ce n’est pas nouveau et que quelques hipsters américains
ont déjà surfé, dans un tout autre genre (celui de la pop), sur le fleuve Niger
(Vampire Weekend, Fool’s Gold…), mais dÉbruit le fait mieux que tout autre. Prenez
Mega Wagna, commençant comme Clapping Music de Steve Reich et
finissant en afro beat joué par Ben Butler & The Mousepad, vous aurez tout
l’univers fantasque de dÉbruit.

Site