Interview Dead Horse One

Dead Horse One-1© Damien Boyer

En 2012, Dead Horse One débarquait avec un premier EP (Heavenly Choir of Jet Engine) sorti chez Crane Records, mélange gazeux de psychédélisme et de shoegaze placé sous la haute influence de Brian Jonestown Massacre et de Ride. Deux ans après, les valentinois ont fait appel à Mark Gardener pour produire leur premier album intitulé Without Love We Perish. Album plus qu’essentiel de l’année 2014 et dont l’écoute ne s’use jamais, Without Love We Perish possède une profonde culture qui n’a pas à rougir des influences dont il se réclame.
Venu le défendre sur la scène du Totem à Nancy en avril dernier, Dead Horse One a bien voulu répondre à quelques questions avant de revenir enfoncer le clou cette semaine sur les terres Lorraine. La parole est à Olivier Debard.


Electrophone : C’est Mark Gardener qui a mixé Without Love We Perish. Comment s’est faite la rencontre et qu’a –t’il apporté à votre musique?

Olivier Debard : On a souhaité avoir une démarche qui allait à l’encontre de ce que l’on voit en général. La plupart du temps, ce sont les labels qui imposent un producteur au groupe, nous, on a voulu faire l’inverse. On a donc contacté Mark Gardener le plus simplement possible pour lui demander si ça l’intéressait de mixer l’album et il a accepté. Nous lui avons envoyé un maximum de pistes afin qu’il ait de nombreuses options possibles pour travailler. On lui a, en quelques sortes, donné les clés du royaume tout en sachant par avance ce qu’il allait nous proposer. C’est un type qui a su rester authentique tout en étant très au fait du paysage musical actuel, mais physiquement on ne l’a jamais rencontré.

E : Êtes-vous contents du résultat ?

O : C’était un risque à prendre et on l’a pris. Quand tu confies l’éducation de ton enfant à une tierce personne, mieux vaut bien la choisir dès le départ et avec Mark Gardener on savait que l’album serait entre de bonnes mains. Après il est certain que l’on aurait peut-être pas réalisé les même arrangements si nous avions mixé l’album nous-même, mais au final on assume entièrement le résultat. Personnellement j’aurais aimé une production plus réverbérée et plus sèche, quelque chose d’assez éloigné de ce qui se fait en ce moment et de la manière dont on consomme la musique (mp3, casque, iphone…). Mark souhaitait quelque chose de plus direct et on a du faire des compromis. Notre prochain album sonnera plus live.

E : Vous n’avez pas peur que l‘on vous compare sans cesse à Ride ?

O : Il est certain que le nom de Mark Gardener sur notre album facilite la comparaison. Cependant, notre rapport avec Ride s’inscrit surtout dans des influences communes. Mark et moi avons le même âge et avons écouté les mêmes musiques. Travailler avec des voix en canon ou à la tierce, ce sont des choses que des groupes comme Crosby Stills Nash & Young faisaient déjà avant nous. Et puis il faut quand même relativiser, Ride est largement au-dessus de nous, mais la comparaison est flatteuse.

10168120_642090212528390_2286014507500542904_n© Damien Boyer

E : Avant de vous retrouver chez A Quick One Records, vous aviez proposé l’album à Alan Mc Gee (fondateur du label Creation), pourquoi ce choix?

O : Quand on l’a contacté, Alan recherchait surtout des groupes electro rock (Mineral). Selon lui, on lui rappelait un peu trop ce qu’il sortait sur Creation et il n’a finalement pas donné suite. On peut comprendre même si par la suite il a signé la canadienne Tess Parks et le très anglais John McCullagh.

E : Le titre Wicker est inspiré par le film de Neil LaBute « The Wicker ». Le cinéma est un art qui vous inspire ?

O : Le cinéma est devenu une inspiration naturelle. On vit avec depuis l’enfance. Aujourd’hui, dès que tu essaies de créer quelque chose, il y a toujours un moment où le cinéma va ressurgir. C’est un art qui a une influence énorme sur le monde qui nous entoure hormis si tu as choisi de vivre dans une grotte.

E : Le titre By My Side figurait déjà sur l’un de vos premiers EP. Pourquoi l’avoir repris ?

O : C’est le premier morceau que j’ai écrit en 2009. On l’a repris parce qu’il avait plutôt bien évolué avec le temps et qu’auparavant le chant était assuré par notre ancienne bassiste.

E : Peux-tu nous parler de la pochette ?

O : C’est une photographie d’Aëla Labbé, une photographe Bretonne. Je suis tombé un jour sur la photo qui illustre aujourd’hui l’album et j’ai trouvé que cette dernière collait assez bien avec l’esprit. J’ai donc pris contact avec Aëla qui a tout de suite donné son accord. On a eu beaucoup de chance sur ce coup.

E : Le logo du groupe, c’est Olya Dyer d’Underground Youth, une formation de Manchester qui vous l’a créé. Avez-vous beaucoup de lien avec la scène shoegaze psyché internationale ?

O : En ce qui nous concerne pas trop. On a joué dernièrement avec les Telesccopes. C’est un groupe qu’on adore et avec qui on a passé une très bonne soirée mais ça ne va jamais plus loin que ça.

E : Justement, comment les anciens de la scène psyché/ Shoegaze comme Telescopes perçoivent la relève ?

O : Ils ne perçoivent rien du tout. Leur principale préoccupation est de savoir comment tu vas nourrir tes gosses à 40 ans en faisant de la musique. Malheureusement, on vit dans une période où les gens ne savent plus acheter un disque ni même l’écouter dans un format correct. Vaut-t-il mieux acheter un vinyle alors que télécharger du Mp3 est si facile ? Je parle un peu comme un vieux con mais c’est la réalité, il n’y a malheureusement plus rien de glamour là-dedans.

Propos recueilli par Damien et Olivier

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