Daniel Pabeouf Unity :: Golden Years

Electron libre de la scène rock française depuis la fin des années 70, adepte des grands écarts, de Marquis de Sade à Mory Kante en passant par Dominique A , le saxophoniste rennais Daniel Paboeuf s’offre même le luxe de refuser de tourner avec Daho et Chamfort, préférant se concentrer sur l’enseignement musical et lancer des projets plus confidentiels. DPU en est un.  Sous cet acronyme se cache Daniel Paboeuf Unity, formation née en 2007 (un saxo, une batterie, des claviers, des machines),  un peu beaucoup d’esprit commando , rares apparitions en public,  trois opérations gravées dans le sillon en onze ans d’existence, dont Golden Years , à paraitre à la fin mars et puis silence radio entre chaque prise.

L’album commence fort, ça s’emballe dès les premières notes, un saxo totalement free, le son pachydermique des machines de David Euverte, un batteur, Nicolas Courret, au fils de lapin duracelle,  le rythme tourne, le  chant également, relancé par des riffs et samples de Hélène Le Corre aka Mistress Bomb H. On ne peut rêver mieux comme entrée en matière. Puis déboule « Fears » et sa pop sautillante, simple et énergique, écrin de luxe pour la voix et le cuivre de Daniel Paboeuf.

Retrouver le charme, celui des années dorées, sans conteste celle des eighties, du poids rassurant de certaines influences, de Pere Ubu détraqué, arrosé de battements robotiques ‘Mad‘, de Bowie sur la beauté renversante ‘Mothers And Sisters‘, celui aussi de l’enfance sur des plages du Morbihan ‘Le soleil nous aplatit’, petit astre mélancolique, mis sur orbite par le piano de Thomas Poli et axe de rotation vers les synthés subtils à la ‘Kraftwerk‘ sur  ‘Et Encore‘ et ‘N’oublie pas‘.

Golden Years est un disque courage, qui remet à l’heure les pendules souvent détraquées de la nostalgie.

Hervé