Crocodiles « Crimes Of Passion »

Crocodiles crimes of passion chronique reviewOn se demandait bien ce qui allait advenir de nos Californiens enragés préférés lorsque à la fin de l’année dernière ces derniers annoncèrent dans un bref communiqué sur les réseaux sociaux qu’ils annulaient leur tournée européenne. Entre-temps Brandon Welchez et sa compagne Dee Dee (Dum Dum Girls) ont sorti en début d’année sous le nom d’Haunted Hearts un titre qui a été probablement prémonitoire (Something That Feels Bad Is Something That Feels Good) pour la suite discographique de Crocodiles. Dans tout malheur il y a du bon, puisque cela à sans doute permis au groupe de composer Crimes Of Passion, leur meilleur album à ce jour.

Après James Ford et Duncan Mills, le gang de San Diego a confié les manettes au musicien/producteur Sune Rose Wagner de Ravoennettes et a délaissé la ville de Berlin dans laquelle ils avaient enregistré Endless Flowers pour une ville plus lumineuse, Los Angeles. Le cadre de la ville californienne et Sune Rose Wagner ont permis au groupe d’insuffler un vent nouveau à leurs compositions tout en gardant un cap fixé depuis leur premier single Neon Jesus (2009). Souvent comparés à juste titre à Jesus & Mary Chain et Echo & The Bunnymen, Brandon Welchez and Charles Rowell préfèrent aujourd’hui avancer The Soft Boys, Lou Reed (circa Street Hasssle), Glen Blanca et The Jackson 5 comme influences nouvelles. Mais leur penchant pour la pop britannique semble indéfectible dans leur processus créatif puisque d’emblée, Crocodiles ouvre leurs scènes de crimes passionnels avec un hymne à l’athéisme en forme de cri primaire (comprendre proche de l’univers de Primal Scream), suivi d’une chevauchée pop finement shoegazée en compagnie de Ride (Heavy Metal Clouds) et de quelques Charlatans (Teardrop Guitar).

Le précédent album, Endless Flowers semblait permettre au groupe de trouver dans ses nouvelles mélodies la lumière et certaines couleurs chaudes de la Californie qu’ils avaient quittées. À l’inverse, Crimes of Passion leur donne l’occasion de retrouver des thématiques plus sombres déjà entendues dans Sleep Forever grâce à des titres tels qu’I Like It In The Dark, Me and My Machine Gun et d’innover en amorçant une orientation littéraire (Marquis de Sade, Un Chant D’Amour (référence à Jean Genet ?)). Des thèmes qui, s’ils n’étaient pas joués sur une musique aussi accrocheuse, pourraient nous faire oser une comparaison loin d’être hasardeuse entre Crocodiles et le Velvet Underground.

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