Crime and the City Solution « American Twilight »

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Voici plus de vingt ans que l’on attendait le grand retour
de la bande à Simon Bonney et le successeur de l’indispensable Paradise Discotheque. Une compilation
bien sentie, parue l’année dernière chez Mute (A History Of Crime Berlin 1987-1991 An Introduction To Crime and The
City Solution)
, nous avait permis de patienter avant la sortie d’un album
annoncé comme le grand retour en force de l’un des groupes les plus mésestimés
de sa génération. Une génération qui a tout de même vu éclore différentes formations
comme Nick Cave and The Bad Seeds ou encore Einstürzende Neubauten. C’est donc
presque naturel que les membres de Crime
and the City Solution
vécurent dans l’ombre de ces monstres sacrés. Mais
aux regards de ce que font aujourd’hui ces derniers et à l’écoute d’American
Twilight
, on peut d’ores et déjà annoncer que Crime and the City
Solution est en passe de prendre sa revanche sur son passé.

Ayant toujours eu en son sein la fine fleur des musiciens
pour enregistrer les plus belles compositions du groupe (Mick Harvey ou Roland
S. Howard…), Crime and the City Solution est aujourd’hui composé d’une troupe
de mercenaires tout aussi vénérables comme Alexandre Hacke (Einstürzende
Neubauten), Danielle de Picciotto, Jim White (Dirty Three), David Eugene
Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), Troy Gregory (Witches) ou encore Matthew Smith
(Outrageous Cherry, Volebeats). A la suite des villes adoptives que furent par
le passé Sydney, Londres ou Berlin, c’est à Detroit que ce septième album fut
enregistré avant d’avoir été dévoilé lors d’une tournée bien reçue aux
Etats-Unis et en Europe fin 2012.

American Twilight commence
par un K.O dans un premier round intitulé "Goddess". Un titre placé efficacement en ouverture pour montrer
que Crime and the City Solution n’est pas là pour faire dans la demi-mesure.
Les choses se poursuivent avec "My
Love Take Me There
". Moment de pur lyrisme fait dans un rock sombre et
urbain qui, doublé avec "Domina", montre, s’il fallait encore le faire,
que Nick Cave et ses mauvaises graines ne savent plus écrire de tels morceaux. Même
lorsque le groupe se lance dans des ballades « meurtrières » et
langoureuses ("Beyond Good &
Evil
", "Street Of West
Menphis
") aucun instant de lassitude n’arrive à poindre le bout de son
nez.

Simon Bonney et Crime and the City Solution prouvent avec American Twilight qu’ils possèdent
encore la foi particulière des groupes encore vierge de toute désillusion. Et
qu’aux lustres des hôtels quatre étoiles, ils préféreront toujours
l’insalubrité des squattes underground comme celui dans lequel on les a vu jouer
dans Les Ailes du Désir de Wim
Wenders. "Nous ne pouvons laisser
les pessimistes et les défaitistes entrainer la perte de notre foi. Parce que
sans amour et sans espoir, il ne peut pas avoir de futur
" dit-il sur
le titre qui a donné son nom à cet incroyable album.

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