Country Teasers, This Film Should Not Exist

The New York Press aurait écrit au sujet des Country Teasers : « Les Country Teasers sont meilleurs en art que Sonic Youth, et meilleurs en picole que les Pogues – et ils n’ont pas besoin de l’art ou de l’alcool pour se comporter en salopards provocants. ».
Voilà une belle épitaphe pour un groupe dont la sulfureuse réputation n’a jamais été  à la hauteur de sa renommée.  Peu de personnes connaissent aujourd’hui la formation écossaise créée par Ben Wallers au mitan des années 90.  Seuls quelques fans irréductibles ont suivi les Country Teasers et suivent encore la carrière solo de Ben Wallers sous le nom de The Rebel. C’est le cas de Nicolas Drolc, Gisella Albertini et Massimo Scocca qui offrent aujourd’hui un documentaire rare sur la formation garage punk.
Intitulé Country Teasers, This Film Should not Exist, ce documentaire génial n’est malheureusement pas encore sorti. A l’instar de leur confidentielle renommée, seuls quelques happy few ont pu le visionner.
Il est tout l’inverse des films pompeux qui glorifient les groupes et artistes que l’on a l’habitude de visionner. Country Teasers, This Film Should not Exist est basé sur des images d’archives filmées par deux fans italiens qui ont suivi la formation anglaise lors de sa tournée européenne de 1995 en compagnie de The Oblivians. Il a fallu vingt-cinq ans  pour que ces deux fans se décident à monter les rush et les proposer à Nicolas Drolc des films Furax.
Les images sont brutes, souvent mal tournées. Le son l’est tout autant. Un parti pris DIY qui va parfaitement avec l’esthétique garage, post-punk et art rock de Country Teasers . Formation à part dans le catalogue Crypt (Thee Headcoats, Thee Mighty Caesars, The Gories…), Country Teasers s’affiche ici comme un groupe à la fois fragile et sûr de son art. On est témoin de moments de beuveries mémorables et  de scènes live désastreuses. Mais ce que l’on retient surtout, c’est la personnalité de Ben Wallers. Caché derrière un chapeau et une paire de grosses lunettes, l’écossais se dévoile en dernier héros du genre garage, capable d’écrire des textes dans lesquels se côtoient cruauté scandaleuse et grande sensibilité. En cela, le parallèle avec Mark E. Smith de The Fall est assez juste. Ben Wallers a beau écrire des paroles provocatrices, irrévérencieuses et ironiques, il n’en est pas moins un homme sensible et réaliste sur sa situation personnelle. C’est ainsi qu’il apparait dans les dernières images du documentaire. Un homme assis par terre dans les loges d’une salle de concert parisiennr à qui l’on demande pourquoi le nom de The Rebel. Il répond : « En réalité c’est une espèce de blague. Ça signifie que je ne suis pas vraiment celui que je prétends être. Et je fais croire que je suis quelque chose que je ne suis pas. » Ben Wallers, A Rebel Without a Cause.

Damien

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