Connan Mockasin :: Jassbusters

Connan Mockasin a choisi cette fin d’année 2018 pour taire un silence musical qui résonnait depuis son dernier album Caramel sorti en 2013. Ce nouvel opus intitulé Jassbusters est un concept album servant de base sonore au film Bostyn ’n Dobsyn réalisé par le chanteur néozélandais lui-même. Ce mélodrame divisé en cinq actes se déroule dans un salon de coiffure de Los Angeles et met en scène la rencontre d’un professeur de musique de fiction, Bostyn joué par Mockasin et de son étudiant, Dobsyn joué par Blake Pryor, son voisin d’enfance. Ces deux personnages formant le duo Jassbusters.
Jassbuster,enregistré en live à Paris aux Studios Ferber en août 2016,est le premier album de Connan Mockasin à être enregistré avec un groupe. Tout en conservant son identité musicale, Connan Mockasin s’éloigne avec ce nouvel album du côté groovy et sexuel de Caramel sans pour autant s’en détacher totalement (notamment sur Last night ou B’nb). Jassbusters est simple, épuré, profond et sans doute le plus personnel de ses albums. La voix de Connan est moins trafiquée ce qui la rend plus vraie, plus touchante. Cet album éminemment visuel nous ballade dans différents univers, du bar mélancolique de Los Angeles (‘Charlotte’s tong’, ‘Last night’, ‘Con Conn Was Impatient’) au jardin zen de Kanazawa (‘Momo’s’, ‘You Can Do Anything’, ‘Sexy Man’, ‘Les Be Honest’), le tout toujours bercé par une freak pop si caractéristique.
Le troisième album de Connan Mockasin arrive à contrecourant de la musique moderne : il est calme, posé et lent. Seule une écoute d’une traite permet de saisir l’intensité et la sincérité de cette musique. Les titres s’enchainent avec délicatesse et nous englobent, l’espace d’un instant, dans une bulle s’affranchissant de toute contrainte.
Le personnage excentrique de Connan Mockasin est, à l’instar de son mentor américain Ariel Pink, en perpétuelle évolution défendant un esprit soft kitch qui n’en finit pas de nous séduire.

Elie