Cochemea :: All My Relations

Cochemea est le session man que tout le monde s’arrache depuis maintenant plus d’une dizaine d’années. Il a joué aux côtés d’Archie Shepp, Beck, David Byrne, Public Enemy ou encore The Roots. Mark Ronson, Rick Rubin et Quincy Jones ne tarissent pas d’éloges lorsqu’il s’agit de parler du saxophoniste américain. Il a aussi accompagné Amy Winehouse sur Back To Black, mais aussi et surtout, il a été l’un des piliers des Dap-King de la regrettée Sharon Jones.
Entre toutes ces collaborations, Cochemea a tout de même trouvé le temps de donner une suite à son premier album solo acclamé par la critique (The Electric Sound de Johnny Arrow 2010). Auréolé de toutes ces expériences, le saxophoniste d’origine mexicaine revient avec All My Relations, un album inspiré par ses ancêtres Yaquis et Apaches. « Je voulais explorer cette partie de moi-même à travers la musique. Ainsi, certains des titres qui portent des noms autochtones, Maso Ye’eme , Mitote, Seyewailo, certains font référence à l’histoire de ma famille et ont été inspirés par l’origine de mes ancêtres et mon ascendance autochtone. »
Les ambiances jazz soul, funk et musique latine du premier album laissent désormais place à un jazz spirituel marqué par des envolées psychédéliques et hypnotiques. Ce retour aux racines est l’occasion pour le musicien de renouveler sa musique. De lui donner encore plus d’âme et d’accroître son côté spirituel. L’album ressemble à une invocation. Une prière prônant l’unité et l’harmonie entre toutes les formes de vie. C’est une célébration de la beauté de l’existence et de la vie en général. En cela, Cochemea marche sur les traces d’Eden Ahbez avec son album Eden’s Island.
On trouve dans All My Relations des influences musicales séculaires. On passe des incantations amérindiennes aux rythmes africains en passant par quelques influences hindous. Pour donner un peu plus d’authencité à sa musique, Cochemea n’hésite pas à nommer ces morceaux de noms de tribus ou de danses ancestrales : ‘Mescalero’ (une tribu Apache de la région centre-sud du  Mexique), ‘Mitote’ (une danse profane pratiquée par les Aztèques), ‘Asatoma’ est un mantra venu d’Inde…. Chaque piste est une expérience spirituelle. Le monde se vide et notre entourage s’apaise à l’écoute des dix titres. On n’a jamais eu cette sensation de plénitude artistique depuis la première écoute de Karma de Pharaoh Sanders.

Damien