Club Cactus, groupe Post Drums Symphonitico Crade

© Arnaud Martin

Club Cactus est la rencontre de deux batteurs à l’identité forte. D’un côté, nous avons Anthony Laguerre que l’on a déjà croisé chez Filiamotsa ou encore PRAAG. De l’autre, il y a Jean-Michel Pirès, batteur de NLF3, Bruit Noir et The Married Monk… Avec ce pedigree que chacun porte en lui, on ne pouvait que s’attendre à une musique hybride unique en son genre. Le duo vient de sortir son premier album intitulé sur le trop méconnu label Beg Rose Records. Club Cactus ‘5’ est un Objet Vinyle Non Identifié où la batterie est forcément l’élément central des dix morceaux. Dix compositions sur lesquelles des amis proches viennent poser voix et instruments (GW Sok, Manuel Bienvenu, Don Nino, Benoit Burello, Pascal Bouaziz, Marie Cambois, Alexei Moon).
Sur les deux mois qui nous séparent de la fin d’année 2018, il nous sera difficile de trouver un  album plus aventureux et aussi fort. Anthony et Jean-Michel malaxent les sons comme des producteurs tout en revenant à l’essentiel de la musique : le rythme. Il est rare d’entendre un album aussi chargé d’intensité ; de surcroit lorsqu’il s’agit d’un premier album.
À la veille de la première date de leur tournée qui emmènera le groupe un peu partout en France, on a posé quelques questions au duo.

Depuis quand date votre première rencontre. J’imagine que vous vous connaissez depuis longtemps ?

Mitch: Nous nous sommes rencontrés en 2012, lors de la tournée de Numbers Not Names (groupe composé de Alexei Moon Casselle, Chris Cole, Jean-Michel Pirès, Oktopus et auteurs d’un unique album sorti chez Ici D’Ailleurs), sur laquelle Anthony était ingénieur du son. Le contact est bien passé, et nous sommes restés en contact.

Anthony: C’était une super tournée pour moi! On a passé 15 jours sur une autre planète.

A quel moment avez-vous décidé de créer Club Cactus ?

Mitch : En 2017. Anthony venait de mettre un terme à Filiamotsa, et moi j’avais du temps libre ….

Anthony: A la fin du groupe, je me suis demandé avec qui j’avais le plus envie de faire de la musique sans me poser aucune autre restriction surtout en terme de distance. J’ai donc proposé  à Mitch !

On ne forme pas un groupe sans avoir une idée derrière la tête. Aviez-vous dès le départ  une idée, une couleur à donner à votre musique ?

Mitch: Disons, qu’on savait qu’on voulait être dans un projet particulier, articulé autour de notre instrument qu’est la batterie sans savoir vers quoi ça allait aller… Pour ma part en tout cas.

Anthony: De mon coté, je n’en savais absolument rien. Je voulais juste que l’on se rencontre musicalement après l’avoir fait humainement.

Votre musique repose sur deux batteries. Aviez-vous envie de retrouver l’essence même du rythme ?

Anthony : En fait la musique que l’on a créée a été faite par le cadre dans lequel on a décidé de le faire: internet. Nous ne nous sommes mis aucune limite et aucun cadre. Seulement celui de la distance et donc d’enregistrer des choses en studio chacun de notre coté. La musique que l’on fait est donc nourrie de ça. C’est pour ça que l’on trouve dans des morceaux qui contiennent aussi bien de la guitare que de l’orgue Hammond ou encore des sons de synthés triturés. Les batteries sont là parce que c’est aussi notre instrument.

Les musiques ont été construite autour des batteries, oui, mais pas par choix, par logique. On ne revendique rien par rapport à ces batteries. On en joue, c’est tout!

Votre musique est unique en son genre. Je ne connais pas d’autre exemple de ce type. À quelles influences, quels groupes, peut-on la rapprocher ?

Mitch: Pour ma part il y avait deux albums fondateurs qui donnaient une idée au projet : « Flowers of Romance » du groupe Public Image Limited, et Gub du groupe Pigface. Il ya aussi pleins d autres choses, mais ces deux disques sont fondateurs pour moi.

Anthony: De mon coté, j’avais une idée de l’énergie que développait Mitch dans Numbers Not Names. Donc je me suis projeté là-dedans avant d’échanger avec lui.

Le résultat a été simple. Les pistes qu’il m’a envoyé, n’avaient pas grand chose à voir avec Numbers Not Names … J’ai donc mis de coté toutes les idées préconçues et joué de la batterie comme d’habitude… Mes influences restent les mêmes depuis longtemps en étant nourries de nouvelles, mais elles n’ont pas grand chose à voir avec notre musique je crois…

De quelles manières ont été composés et enregistrés les morceaux ?

Mitch : On a enregistré à distance, on s’envoyait des rythmes de batteries, et on complétait au fur et à mesure … tout à été fait à distance, y compris les voix …

Il y a beaucoup d’invités dans ce premier album. De quelle façon les avez-vous choisis ?

Mitch: Pour ce premier disque, on partait de zéro. On s’est donc adressé, avant tout, à des amis…

Avaient-ils des consignes particulières pour écrire leur texte, leur partition ?

Mitch: Aucune ! Ils étaient libres de leur interprétation, de leurs thèmes, ils auraient pu juste siffler, ou grogner, ….

Vous jouez dans différentes formations. Est-ce que l’expérience accumulée au cours de ces années passées à influencer Club Cactus ?

Mitch: Je pense. Même si chaque projet est différent.

Anthony: Oui! À chaque fois qu’un projet commence, je le mets en résonance avec ce que je viens de traverser avec d’autres. D’ailleurs même si c’est un travail avec un danseur.

Le fait de jouer dans différentes formations et avec le nombre impressionnants d’invités sur l’album, comment allez-vous défendre Club Cactus ‘5’ sur scène ?

Mitch : Deux batteries, et des bandes. On veut vraiment axer ce projet sur les deux batteries avant tout …

Anthony: Une fois la composition du disque fini, on est forcé de constater que ce sont effectivement les batteries qui sont au centre. Donc on a essayé de le faire sentir pour le live.

Ce sont les chanteurs qui sont en boîte pour une fois…

Je sais que vous êtes des musiciens désireux de casser toutes les barrières stylistiques et laissez libre cours à votre art, mais s’il fallait définir votre musique en quelques mots quels seront-ils ?

Post drums symphonitico crade.

Propos recueillis par Damien