Circle :: Terminal

Aujourd’hui le monde entier devrait parler de Circle tant leur discographie et leur parcours est exemplaire. Et je ne parle même pas de leurs prestations lives plus incroyables les unes que les autres. Mais non. Le groupe finlandais Circle avec ses 26 ans de carrière, 32 albums, 13 lives, au moins, 23 singles, splits ou EP, ainsi qu’un nombre conséquent de side-projects, est relégué au rang de groupe « culte » sans même avoir connu la gloire véritable. Encore un groupe brillant qui officie dans l’ombre ! Que fait donc le monde ? S’il y a bien un groupe qui devrait être élevé au statut de rockstar cosmique c’est eux. Et là, je vous entends me demander, vous le monde, qui ce sont « eux » ? Que font Circle ? Je crois bien qu’eux-mêmes ne le savent pas vraiment. Mais ils le font et ils le font avec classe.

Circle est parfaitement inclassable. Leur musique part véritablement dans toutes les directions ou presque. Ils aiment pourtant se cantonner à l’acronyme NWOFHM, New Wave Of Finnish Heavy Metal, obscur mouvement metal qui ne semble concerner que les illuminés de Circle. Un groupe de la trempe de Circle ne peut être que son propre mouvement musical, non ? Avec le temps, le groupe a assimilé quantité d’influences avec, en effet, toujours une touche plus ou moins metal.

Terminal est une excellente synthèse des différents horizons explorés par le groupe tout au long de sa carrière. Une petite différence toutefois, ce disque est le premier paru sur le fameux label américain Southern Lords (Earth, Sunn O))), Sleep…) et non sur leur propre label Ektro Records. Peut-être le début de la gloire ? Quoi qu’il en soit, Terminal va faire référence dans la discographie de nos productifs Finlandais. Aussi rock’n’roll qu’épique, aussi metal que krautrock, aussi psychédélique que punk, aussi symphonique que progressif, cette nouvelle galette casse tous les codes habituels. Foutraque dans les influences, il n’en est pas moins complètement cohérent sur la longueur. Les envolées lyriques de Mika Rätto épousent à merveille les boucles hypnotiques de guitare et la voix de Janne Westerlund n’est pas en reste quand il s’agit d’explorer des tessitures plus graves. On retrouve aussi bien du Mercyful Fate, voire du Black Sabbath mixé à Klaus Nomi (Rakkauta Al Dente), que du Stooges sauce krautrock (Terminal), du Arcade Fire sauce black metal lyrico-stellaire (Saxo) ou des relents de Can et Neu ! façon heavy punk metal.

Qu’importent les influences, le rendu final est Circle. Là est sa force, son identité, hors des normes, avalant goulûment tout ce que bon lui semble pour en faire tout et n’importe quoi. Cette mixture originale ne va pas sans une bonne dose de culot et d’humour. Car oui, il faut oser faire cela et Circle n’a peur de rien. Le mélange est jubilatoire et foutrement efficace. Terminal est l’album que tu n’attendais pas, mais que tu as intérêt à écouter. Une dose de plaisir que l’on ne peut se refuser.

Jocelyn