Chronique + Entretien avec Pendentif : Mafia Douce


Pendentif  –  Mafia Douce – Discograph
Après les très séduisants « Embrasse moi » et « Jerricane » sortis il y a quelques mois,  Pendentif continue son ascension pop avec Mafia Douce son premier album sorti le 24 Septembre.
Depuis quelques années le paysage musical français est en pleine effervescence.  Fini  les trios altermondialistes moralisateurs à rimes de lèse majesté ! La chanson française se renouvelle (enfin) et certains groupes refusant  les clichés ont décidé de remettre au goût du jour une pop à la française trop souvent dans l’ombre de chanteurs  tristes à guitares acoustiques. Le quintet bordelais Pendentif en est le parfait exemple.
Mafia Douce, c’est 12 titres pop, à la fois doux et acidulés.  Une musique qui au premier abord pourrait paraître légère  et facile mais qui s’avère être totalement maitrisée et mature dans son écriture.  Ça parle de romances, de virées nocturnes et c’est servi avec une jolie dose d’érotisme  apportée par le chant sexy de Cindy et le mixage groovy d’Antoine Gaillet.  
Il fallait oser l’idée de transposer les codes de la pop anglo saxone à la musique française. Pendentif l’a fait et le résultat s’avère être plutôt réussi.  Un album qui file le sourire et qui prolonge l’été.
O.

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Le quintet lançait sa tournée fin septembre à l’autre Canal, Electrophone en a profité pour rencontrer Benoit Lamblin guitariste et compositeur du groupe. 
Electrophone : Vous débutez ce soir le tournée pour l’album Mafia Douce, comment vous sentez vous ?
Benoit Lamblin : On avait hâte d’y être. On a fait une résidence de 5 jours pour préparer le live et même si ça nous a pas empêché d’avoir quelques problèmes techniques avec le clavier et l’ampli basse on est super content de reprendre la route.
E : Peux-tu nous parler de pendentif ?
B : Pendentif existe depuis 3 ans. Au départ on écrivait dans nos chambres puis nous avons proposé à Cindy de chanter.  Au final ça s’est  révélé être plutôt bénéfique pour nous et aujourd’hui la direction artistique que le groupe a pris c’est en partie grâce à elle.
E : Peux-tu nous parler de l’écriture de Mafia Douce ?
B : Les morceaux sont composés collectivement. En général, on fait tourner une composition puis je chante 2, 3 phrases notées dans un cahier. Petit à petit le morceau se construit autour,  rien n’est prémédité à l’avance. Dans nos chansons, on  essaie de retranscrire des histoires  vécues tels que des souvenirs de fête ou des déboires amoureux. Seules « embrasse-moi » et « voltige » ont été écrit uniquement pour Cindy.
E : Vous avez travaillé sur cet album avec Antoine Gaillet (Herman Düne, M83), quel a été son apport  dans votre musique ?
B : Antoine a voulu garder le côté artisanal de Pendentif. Il s’est pas mal servi de sons et de bandes qu’on avait enregistrés dans notre home studio. Il voulait qu’il y ait un mélange mi professionnel mi amateur et au final ça donne quelque chose qui nous plait vraiment.
E : Pourquoi tant d’attente entre votre premier EP « Pendentif » sorti en 2011 et  l’album Mafia Douce ?
B : Déjà, on a mis un peu de temps à se construire.  A l’origine, il y avait 2 personnes de plus dans Pendentif, puis comme beaucoup  de groupes il y a eu des  changements de line up pour diverses raisons. Ensuite Il a fallu se bâtir une équipe autour de nous,  trouver un éditeur et un label avec lequel on avait envie de bosser. Tout cela nous a pris pas mal de temps.
E : Votre musique respire l’été, les vacances, pourquoi avoir attendu la rentrée pour sortir l’album ?
B : Beaucoup nous l’on dit. C’est encore une fois une question de timing avec notre label. Il fallait  développer le projet,  amener les choses progressivement.
E : Pensez-vous bénéficier de l’engouement qu’a la presse actuelle sur les groupes qui chantent en Français ?
B : On n’a jamais voulu suivre une mode. On était là au début et on a toujours chanté en français. Après, je ne sais pourquoi, il y a une sorte d’inconscient collectif qui fait qu’aujourd’hui pas mal de groupes se mettent à faire de la pop en Français. On n’est pas réfractaire à l’anglais et d’ailleurs on l’utilise parfois pour certaines expressions qui s’avèrent être plus efficaces dans cette langue mais la langue française reste notre choix.
E : Quelles sont vos influences principales ?
B : Même si pas mal de membres du groupe sont friands de musique anglo saxone, personnellement j’aime beaucoup la musique française.  J’aime ce qu’a pu faire Gainsbourg dans les années 80 pour Birkin et Adjani ou encore les travaux de Jacques Duvall qui a pas mal écrit pour Lio.

Comme ces chanteuses, Cindy a une voie normale. On est loin des univers des performeuses cependant il y a quelque chose de frais et de fragile dans leur façon de chanter. J’essaye de m’en servir dans nos compositions.  Sinon on aime beaucoup le côté flirt et sexy qu’on peut retrouver dans des chansons d’artistes tels que Polnareff, Sebastien Tellier ou encore Damien dont le dernier album est vraiment un coup de cœur personnel.
E : Avec tout l’engouement qu’il y a autour de vous, avez vous déjà l’impression  que Mafia Douce ne vous appartient plus ?
B : L’album n’est pas encore dans les bacs pourtant avec les deux clips qu’on a sorti, on se rend compte qu’en live le public se met à reprendre les paroles. Ça nous fait plaisir naturellement. On a hâte que l’album sorte et qu’il se mette enfin à appartenir à l’imaginaire des gens.  
E : Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
B : Beaucoup de dates, on a vraiment envie de tourner ! On va voyager en Suisse, au Canada et on a  envie de ça. Ce qui nous fait plaisir c’est d’avoir des retours d’autres pays comme le Brésil, l’Angleterre ou encore le Portugal.
E : Chanter en Français dans des pays comme le Brésil ou le Portugal c’est un joli challenge, non ?
B : Effectivement. L’idée de faire passer le romantisme juste par la musicalité est intéressante.  Lorsque l’on écoute de la musique anglo saxone on peut ressentir les émotions sans forcément comprendre les paroles. Faire la même chose avec des chansons en français est quelque chose qui nous  plaît vraiment.
O.
Merci à Discograph.
Electrophone Blog