Chicaloyoh :: La Boue Ralentit Le Cercle

Avec La Boue Ralentit Le Cercle, Chicaloyoh ouvre une nouvelle fois la Porte Dévergondée de son monde envoûte et envoûtant, mystique et mystérieux.

Après Fragments Pour Dominer Le Silence (série d’improvisations enregistrées durant l’hiver 2016), L’Insoumise Alice Dourlen ouvre en grand son cœur de plus en plus excentrique. Ses six nouvelles introspections mystiques sont toujours autant habitées par des ambiances singulières et magnétiques.
Dans ce deuxième album sorti sur la structure messine 213 Records, la nantaise reste cette prêtresse d’une Folie Sacrée belle et aventureuse. En artiste libre, Alice Dourlen ne s’impose aucune restriction. Surtout pas lorsqu’il s’agit d’enregistrer un titre sous la douche (La Plante Folle et L’Eau Raison). Fleur sauvage qui ne se cultive pas, elle pousse là où le rationnel n’y est pas. Chicaloyoh préfère la courbure élégante d’un cercle à la rectitude d’un chemin sans surprise. La rêverie et l’inattendu supplantent ici le pragmatisme ambiant de notre société.

« Si tu parles de logique / C’est là que mes yeux se vident »

 « Je préfère la symbolique / Ton côté scientifique j’m’en fou ».

Pour planter le décor de ce qui vous attend si vous avez la bonne idée d’écouter cet album, on pourrait dire que l’on a l’impression d’être témoin d’une rencontre entre Catherine Ribeiro et Throbbing Gristle (La Chose Est La Chose De La Chose De La Chose) ou d’entendre Nico en pleine séance de shamanisme dans la Cathédrale de Reims (Petroleum).
On plonge dans La Boue Ralentit Le Cercle comme dans un monde ésotérique plutôt que dans une succession de morceaux.  C’est un album qui se vit plus qu’il ne s’écoute.
Vous n’entendrez pas deux disques de cette trempe cette année. Sauf si Chicaloyoh se décide à sortir un autre ovni (objet vinyle non identifié) cette année.

Damien