Chelsea Wolfe :: Abyss

Front Cover Digital

Deux ans après l’austère et atmosphérique ‘Pain Is Beauty’ (pour la petite anecdote le titre ‘Feral Love’ fut sélectionné pour le teaser de la saison 4 de Game Of Thrones) qui emboîtait le pas à l’obscur EP ‘Prayer For the Unborn’, Chelsea Wolfe revient avec un quatrième album et une définition toute particulière de l’Abîme ‘’un rêve suivi d’un réveil brusque puis d’un sommeil profond et d’une plongée dans le subconscient’’. Étrange interprétation, vous me direz, mais la californienne est une habituée de cet exercice de style, entre mysticisme, onirisme et … Roman Gothique.
À l’instar de Björk, Chelsea Wolfe est de ces artistes qui, au fil des albums, créent un univers dont elle seule maîtrise les codes. Le songwriting nous amène dans sa prison intérieure et nous livre ses angoisses et ses démons :
Sur ‘Grey days’, elle déclame ‘How many years I’ve been sleeping / Why does everything feel so unnamed? / The poison inside helps me along’.
Produit par John Congleton (Swans ‘To be Kind’ en 2014, Clinic, Bill Callahan,…), Abyss est le résultat de l’admirable constance de la native de Sacramento à alterner dans une même chanson et sur un même album des textures black métal ‘Colour of Blood’ , des rythmes martiaux à la Laibach ‘Iron Moon’ ‘Carrion Flowers’ , et une remarquable série de ballades pop folk entamée avec ‘Maw‘ et ‘Crazy Love’ ‘qui ne sont pas sans rappeler son LP ‘Unkown Rooms : A collection of Accoustic Songs’ et ses références revendiquées au ‘Rid of Me’ de PJ Harvey comme sur ‘Survive’.
La voix de Chelsea sait s’accommoder de ces variations, s’effacer discrètement sur ‘Dragget out’ ou se mettre en avant sur le tribal ‘Grey Days’.
Le final ‘The Abyss’ avec piano et violon annonce l’arrivée à destination, un atterrissage en douceur qui va presque nous faire regretter de ne pas remonter à la surface.

Hervé

casque1