Cercueil « Erostrate »

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Dans la mythologie grecque, Erostrate fut l’incendiaire qui mit le feu au temple d’Artémis à Ephèse uniquement pour que l’on se souvienne de son nom. Remis au goût du jour, les Erostrate de l’an 2000 sont toutes ces personnes avides de célébrité vivant sur leur gloire passée et vivotant dans les mondanités grâce à leur carnet d’adresse. Cercueil n’est pas de ce genre là. En choisissant d’intituler leur dernier album de telle façon, c’est pour mieux mettre le feu à un paysage musical bien sclérosé. Cercueil ne vit pas sur ses acquis et bouscule même les idées reçues. Avec Erostrate, le trio lillois livre encore une fois un album qui n’a rien à voir avec un enterrement. Déjà dans Shoo Straight Shout, les expériences sonores se télescopaient en une cold-wave sombre et un electro-rock furtif chanté par une diva gothique en la personne de Pénélope. Mais cette fois-ci, les compositions prennent une tournure  plus stratosphérique peut-être dûe à l’atmosphère trip hopisant que dégage Bristol, ville dans laquelle ils ont enregistré l’album. Entre murmures et illuminations angoissantes, les chansons mi-rock, mi-électronique frôlent la pertinence dans la pugnacité, et l’innovation dans l’expérimentation.

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