Cavern Of Anti Matter :: Void Beats / Invocation Trex

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Établi depuis plus de dix ans à Berlin, le discret Tim Gane (Mc Carthy, Stereolab) su se faire désirer. Son premier album sort enfin, confortant l’improbable rencontre entre la Deutsche Motorik et une Big Beat bien retord.
Outre des sorties de 45t confidentiels sur d’obscurs labels, du djing et sa collaboration avec Sean O Hagan des merveilleux High Llamas, sur des musiques de films, il aura fallu attendre 2013 pour découvrir Cavern Of Anti Matter. Trio d’expérimental rock dans lequel on retrouve donc T.Gane à la guitare et aux programmations, Holger Zapf aux claviers et Joe Dilworth à la batterie est une vieille connaissance ayant déjà joué dans le early Stereolab , groupe majeur de l’indie pop anglaise des 90’s mis en pause en 2008.
Leur premier double LP Blood Drums était sorti en catimini et proposait 16 superbes titres krautrock style, sans surprise quand on connaît la passion qu’entretient Tim Gane pour ce style musical. Ca sonnait live, ça sonnait expérimental, à l’ombre de Neu !, Throbbing Gristle ou Harmonia. En 2015, le 45t « Phototones » laissait présager de belles choses, en réintégrant des sons et harmonies spacepop qui faisaient le succès des Lab’s. Mais toujours instrumental.
Le nouvel album Void Beats/ Invocation présenté comme leur premier surprend. « Liquid Gate », le single sur lequel en invité, Bradford Cox des Deerhunter pose ses voix, agit comme un ovni. L’unique titre chanté de l’album, se distingue de par son côté classic indie pop, démontrant les capacités intactes de Tim G. à composer dans un style abandonné depuis belle lurette. D’ailleurs, cela ressemble plus à une bonne face B de Deerhunter.
La présence de bassline « acid » type TB Roland 303 amène un pep inattendu à plusieurs titres, les rapprochant d’un big beat à la Propellerheads (« Blowing My Nose Clon Observation« , « Hit Hats Bring The Tiss« et « Planetery Folklore »). On n’attendait pas forcément le groupe dans ce registre. Trop référencés, ses sons technoïdes fatiguent malgré le savoir-faire des trois Berliners. Déjà suggérée sur certains titres du précédent album, l’utilisation de machines estampillées Acid House n’était pas aussi démonstratif.
Ne pouvant que difficilement éviter la comparaison avec son ancien groupe sur « Tardis & Cymbals » et « Insect Fear », on y retrouve quelques rythmiques et claviers estampillés. N’évitant toutefois pas l’impression de pouvoir mieux faire (l’immense 45t « Phototones »).
Heureusement Tim Gane sait encore surprendre lorsqu’il s’éloigne des motifs trop répétitifs et se rapproche de la pop. « Melody In High Feedback Tones », « Black Glam Action » révèlent de belles pépites mélodiques soutenues d’une vraie batterie et rendant le son plus cosy. Quant à Holger Zapf, on remarquera le remarquable travail de synthèse sur « Echolalia » et « Void Beat », titres rebondissant à coups de MS 20. Clôturant l’album, « Zone Null » convoque les violons et pianos pour un beau moment de mélancolie. À souligner la présence de Sonic Boom des Spacemen 3 et Jan St Werner du duo électronique allemand Mouse On Mars habitué aux collaborations avec Stereolab ou The Fall.
Impression donc plus que mitigée au final, mais peut-être en attendions-nous trop ? Avec Stephen Malkmus de Pavement, lui aussi un temps établi à Berlin, Tim Gane partage le statut d’icône de l’indie-pop dont on pouvait espérer un retour plus réussi.
Raison de plus de voir Cavern Of Anti Matter sur scène, domaine où le groupe excelle.

Mathieu

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