Buzzcocks :: Time’s Up ! & Spiral Scratch

Sans les Buzzcocks, la scène Post Punk de Manchester n’aurait pas été la même. Retour  sur leurs  premiers ébats Punk.

L’initiative n’est pas nouvelle. Tout comme pour les Clash ou les Damned, les  Buzzcocks ont droit au coffret super luxe pour le quarantième anniversaire de leur premier EP 4 titres, sorti le 29 janvier 1977. La moyenne d’âge des fans du groupe Punk  anglais s’approchant de la sénilité, c’est le moment qu’à choisi Domino Records  pour regrouper en versions vinyl, Cd et MP3, « Time’s Up ! », vieux disque pirate regroupant des démos ainsi que le fameux  EP « Spiral Scratch ». Rajoutez des goodies – Flyers, Poster, photos, badges, livret et fanzine-  et le tour est joué.

On peut sérieusement se poser la question. Y’aurait il eu Joy Division, The Smiths, Simply Red, et Factory Records sans les Buzzcocks?  La réponse se trouve en partie dans le film « 24 Hour Party People » et dans de très nombreux ouvrages revenant sur le premier concert des Sex Pistols organisé au Free Trade Hall de Manchester par Howard Devoto et Pete Shelley, membres fondateurs  des Buzzcocks.

La compilation « Time’s Up » regroupe les premières démos  du groupe, enregistrées courant octobre 1976. La tracklist de cette nouvelle réédition a été changée par rapport au bootleg d’origine  ainsi que le nom de certaines chansons comme  « Drop in the Ocean» qui devient « Lester Sands».  Une version du titre emblématique « Boredom », datant des sessions avec Martin Hannett, ingénieur du son mythique et décédé prématurément en 1991, a été supprimée et remplacée par « Don’t Mess me Round ».  Sinon  les enregistrements sont identiques et présentent le groupe brut de décoffrage. La voix nasillarde de Howard Devoto  excelle dans une morve toute Punk. L’urgence et la rapidité d’interprétation peut paraitre dépassées en 2017, mais replaçons ces enregistrements en 1976 pour mieux  en comprendre l’essence. « Time’s Up ! », sorti en 1978 sur  le label pirate Old Hormones, regroupe 11 titres tirés de cette fameuse session dont les futurs titres de leur premier 45t  ainsi qu’une reprise des Troggs « I Can’t Control Myself » et de Captain Beefheart  «I Love You Big Dummy ».  On y retrouve aussi quelques maladresses techniques  qui en font le charme et le son est correct.

Le premier 45 t autoproduit  de l’histoire de la musique Punk anglaise s’appelle donc « Spiral Scratch » et est enregistré fin 1976  pour sortir début 1977. On ne perd pas de temps. Les Buzzcocks créeront leur propre label indépendant New Hormones, taxeront 500£ aux proches et écouleront pas loin de 16000 exemplaires, principalement en VPC. Martin Hannett, crédité sous le nom de  Martin Zero se charge de l’enregistrement, avant sa collaboration avec  Joy Division. Il  oblige le groupe à accélérer les tempos et se focalise sur la dynamique de la batterie. Acérés, les 4 titres sont des tubes. « Boredom »,  placé en face B et célèbre  pour son redoutable solo de guitare à deux notes enterrant d’un coup de manche tous les virtuoses  de la 6 cordes, devient l’hymne du Punk mancunien. Devoto quittera le groupe a l’issu du Ep, préférant s’aventurer vers une musique plus expérimentale et synthétique sous le nom de Magazine.  Le guitariste Pete Shelley prendra le micro, Steve Diggle lâchera la basse pour la seconde guitare, et recruteront plusieurs bassistes avant de tomber sur le bon. Et continueront à composer des hymnes Punk Pop. On soulignera l’excellent batteur au jeu ample  et percutant, s’inspirant de Keith Moon des Who et qui est le moteur du groupe : John Maher. Pour découvrir les Buzzcocks, on conseille quand même la compilation « Going Steady » sortie en 1979 et regroupant leurs meilleurs  singles.

Moins tapageurs que les Sex Pistols, moins opportunistes que les Clash, les Buzzcocks sont les représentants du Punk à tendance mélodique issu de la classe populaire et ouverte d’esprit.  Le groupe tourne toujours  avec autant de plaisir. Les classiques sont immortels.

Mathieu