Bright Moments « Natives »

Bright-moments nativesQu’ont en commun des groupes comme LCD Soundsystem, Beirut, Arcade Fire et Team B… ? A vrai dire, pas grand-chose mise à part que le dénominateur commun à tous ces groupes est le trompettiste multi-instrumentiste Kelly Prat. Alors en pause entre d’interminables tournées, le New-yorkais en profite pour s’adonner corps et âmes à son projet solo : Bright Moments.

Enregistré dans son appartement pendant l’hiver 2010, Natives est le résultat de tout ce que son auteur a pu emmagasiner tout au long de sa carrière. Accordéons, trompettes, toy piano illuminent ces ritournelles d’un autre temps et font immanquablement penser au folk balkanique de Zach Gondon dont on se rencontre qu’il est un élément fondamental à la réussite de son compatriote. Relatant l’histoire d’une certaine Jeanna, première patiente à être sauvée de la rage, Protocol Milwaukee est le meilleur exemple pour illustrer cette filiation. Fouillé, dense et même parfois emphatique, Natives est le genre d’album qui dévoile ses secrets écoute après écoute. Mais ce qui frappe surtout c’est cet engouement de Kelly Prat pour les synthés. Lorsqu’il ne joue pas sur les terres connues du folk traditionnel, le New-yorkais injecte une profonde modernité à tout ce qu’il a pu faire jusqu’à maintenant en intégrant avec une totale décomplexion des expérimentations eighties. L’accrocheur et désarmant Behind The Gun puis le fanfariste Travelers dévoilent que le folk peut être aussi dansant et même créatif sur Travelling Light. La suite n’est qu’une succession de « moments lumineux » jusqu’au sommet final The Sailor. Véritable instant simple rempli d’une élégante profondeur.

Alors qu’avec Beirut les voyages vers le folklore européen étaient presque une fatalité, Kelly Pratt s’impose grâce à Natives comme un fabuleux vagabond sur une cartographie folk qui n’est pas prête de perdre le nord.

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