Brian Jonestown Massacre « Aufheben »

Brian jonestown massacre Aufheben
« Laisseriez-vous votre fille épouser un Rolling Stones ? » lança Andrew Loog Oldham lors de la sortie de Beetween The Buttons. Cette provocation pourrait très bien être appliquée à Anton Newcombe et sa bande du Brian Jonestown Massacre. Looser magnifique pour les uns, idole incontestable pour les autres, Anton Newcombe symbolise l’intégrité: il ne vendrait son âme pour rien au monde (hormis peut-être un trip acide avec Brian Jones) face à une industrie du disque dévoreuse. Cette légende a le rock tatoué dans l’épiderme et le prouve encore une fois avec Aufheben.

On ne se perdra pas à expliquer le titre Aufheben dont la traduction française exprime plusieurs sens (soulever, conserver, abolir, lever…). Connaissant Anton Newcombe, il a plutôt voulu faire allusion au concept philosophique Hegelien « Aufhebung » dont la meilleure illustration reste le titre Blue Order New Monday.

Les esprits les plus vifs auront certainement observé l’hommage non dissimulé à New Order et leur Blue Monday. Les eighties dansantes, influences majeures des dernières productions depuis Who Killed Sgt Pepper (2010), sont donc toujours à l’honneur sur Aufheben. Mais, ce treizieme album en treize ans, est aussi l’occasion pour Anton Newcombe de revenir vers des compositions plus traditionnelles comme on en avait déjà entendues sur Their Satanic Majesties' Second Request. Un retour aux sources marqué par un folk psychédélique et lysergique couplé à des sons orientalisants et des guitares byrdsiennes, offrant un trip direct vers des sphères situées à Eight Miles High.

C’est dans un esprit de béatitude opiacée que l’on traverse les cinquante et une minutes d’Aufheben, preuve ultime qu’Anton Newcombe n’est pas si cramé qu’il en a l’air. Si l’un d’entre vous avait encore besoin d’une confirmation qu’Anton Newcombe est un monument du rock américain, la preuve est là.

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