Bodega :: Endless Scroll

Depuis leur récente prestation au festival SXSW, la renommée des newcomers de Bodega ne cesse d’enfler. Les choses ne semblent pas prêtes de s’arrêter puisque les preuves d’amours lancées par quelques rock-critic s’enchaînent sur les réseaux.
Basé à Brooklyn, Bodega est ce que l’on pourrait appeler ‘The Next Big Thing’. Un qualificatif que les Américains n’hésitent pas à critiquer dans le morceau ‘Name Escape’, un titre parlant de tous ces groupes que l’on porte au pinacle en seulement quelques jours avant de les oublier aussi rapidement. Ce morceau, comme le reste de l’album, est une critique de la société. Ce premier album en forme de coup de fouet (14 morceaux pour 33 minutes) est une diatribe contre le consumérisme, les nouvelles technologies et surtout l’emprise que ces deux phénomènes ont sur notre quotidien. Un sujet qui tient tellement à cœur au groupe qu’il ouvre l’album avec le titre interrogatif ‘How Did This Happen​?​!’ Bodega n’hésite pas à user de l’ironie pour railler les hipsters amateurs de smoothies onéreux (‘Can’t Knock The Hustle’) et les consommateurs compulsifs qui préfèrent acheter les dernières nouveautés au lieu de se rebeller pour une noble cause. Même les millénials passant leur vie devant les écrans et qui, au final, se rendent compte qu’ils ne sont pas heureux, sont de la partie sur ‘Bodega Birth’. Tout le monde ici en prend pour son grade. Ce sens aigu de l’observation sociologique, Bodega l’hérite des groupes punks qui ont fait de New-York le berceau d’une nouvelle révolution musicale il y a de cela quarante ans. Une esthétique punk, voire post-punk, que les membres de Bodega défendent à travers leurs textes, mais aussi leur musique. On pense souvent à Talking Heads, Television et plus proche de nous, Parquet Courts. D’ailleurs, Austin Brown est à la production et a enregistré les morceaux sur la même console qui a servi pour l’album Light Up Gold. On connait depuis le chemin parcouru par les concitoyens de Bodega. Espérons qu’Endless Scroll fasse autant de bien à ses auteurs. En tout cas il a déjà marqué son époque au fer rouge.

Damien