Blackmail :: Dur au Mal

Blackmail est un groupe à trois têtes aux visages floutés et composé de musiciens qui ont déjà roulé leur bosse dans des formations telles que Bosco, Prototypes ou encore This is Pop. Après avoir revisité jusqu’à l’os un rock électronique déviant avec Bones, Blackmail revient avec un album encore plus sombre et des envies plus marquées pour le Suicide.

10945566_797530726949371_45541419734554504_n
Si vous comptiez sur eux pour vous offrir quelques rayons de soleil afin de sortir de cet hiver qui traîne en longueur, c’est mal barré. Dur au Mal te nettoie le cerveau. Ça sent la cave humide et l’interlope. L’horizon est toujours aussi bouché par les potards du MS-20. À l’instar de la configuration du groupe à trois têtes, la musique de Blackmail transpire des sonorités de trois villes connues pour leur côté punk, techno et early electro. Dur au Mal se promène dans le Berlin de la guerre froide avec le Berghain qui aurait remplacé le Reichstag (Bois de Vincennes). On pense au New-York electrobilly de la paire Vega/Rev (Elle est Cool, Mes Amis) mais aussi au Manchester en noir et blanc des photos de Kevin Cummins. L’esthétique noire et blanche est ici de rigueur.
Les premiers morceaux plantent le décor d’un album anxiogène et minimaliste. Le chant parlé en français n’est pas là pour te rassurer. Dur au Mal fait du mal là où ça fait bien. C’est comme si la seringue Sister Ray du Velvet Underground s’enfonçait pernicieusement dans nos veines. Sauf que Blackmail préfère jouer avec tes nerfs à grands coups d’électro chocs.
Blackmail livre là un des albums les plus sombres et sales que l’on ait entendu depuis des lustres, mais on ressort de celui-ci ébloui comme si on avait été exposé à la lumière après être resté trop longtemps dans le noir.

Damien

casque1

1 comment for “Blackmail :: Dur au Mal

Comments are closed.