Black Devil Disco Club

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Aujourd’hui sortent, sur le label Alter-K, les rééditions exclusives des trois premiers albums cultes de BLACK DEVIL DISCO CLUB : SUSPENSE (Bernard Fèvre – 1975), COSMOS 2043 (Bernard Fèvre – 1977) et DISCO CLUB (Black Devil – 1978).

Re-masterisé à partir des bandes d’origine par Bernard Fèvre en personne, l’artiste aux 40 ans de carrière, samplé par Aphex Twin et Les Chemical Brothers, démontre une fois de plus qu’il n’est pas une légende du passé mais bel et bien un pionnier de la musique de demain.

Nul n’est prophète en son pays ? Bernard Fèvre semble en être la preuve vivante. Et bien qu’incompris à l’époque, c’est avec un enthousiasme certain et sans aucune amertume que l’artiste signe aujourd’hui son grand come back.

Profitant de l’événement Electrophone est allé à la rencontre de l’artiste afin de connaître, entre autres, sa vision sur les musiques électroniques d’aujourd’hui et ceux qui la composent.

Electrophone : Comment s’est faite la rencontre avec Alter-K ?
Bernard FèvreÇa s’est passé à un moment où je commençais à avoir trop de difficultés de communication avec mon label Londonien: Lo Recordings. Il n’y avait rien de grave mais mon Anglais se limitant à une dizaine de phrases, et bien que j’avais fait des progrès à l’écrit, je merdais trop à l’oral. Je suis malheureusement d’une génération où l’Anglais était ignoré à l’école et d’un milieu où l’on ne va pas en Week-end à Londres. Donc un jour Olivier Rigout me propose de me faire jouer un soir à la Flèche d’Or à Paris. Nous sympathisons et il me parle de ses projets Alter K avec Guillaume Heintzmann et de leur passion pour la musique, les artistes et l’édition. J’ai donc proposé à Olivier de devenir mon agent, ce qui simplifiait pour moi les échanges avec les Anglais et il a accepté. Aujourd’hui, nous travaillons ensemble depuis 2009/2010 et Alter K, par sa bonne relation avec Lo et moi, est devenu mon label pour la France.

E :  Pour la réédition de tes 3 premiers albums, tu as souhaité retravailler toi-même tes bandes. Avais-tu peur du résultat en laissant ce travail a quelqu’un d’autre ?
BF :
Non, je n’avais peur, il y a d’excellents ingénieurs du son en France. J’avais juste la crainte qu’une manipulation trop actuelle du son pouvait nuire au côté vintage de mon travail. Il fallait juste adapter mon son aux oreilles d’aujourd’hui tout en conservant la magie d’hier. En plus c’était un plaisir de refaire  tourner « mes bandes » qui étaient restées dans un hangar, inexploitées pendant plus de 30 ans.

E : Il y a 40  ans  tu dis avoir été considéré comme un piteux. Pour la première fois aujourd’hui, tu vas être édité et distribué dans énormément de pays. Prends tu cela comme une revanche ? 
BF : Non, pourquoi une revanche? C’est juste un rééquilibrage du temps: j’étais en avance et le temps m’a rattrapé et la jeunesse avec. De plus à l’époque, je n’avais pas le sentiment d’être hors du temps, je faisais ce qui me semblait contemporain, peut-être beaucoup de mes contemporains étaient eux dans un monde décalé ?

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E :  Tu dis ne t’être jamais considéré comme un précurseur pourtant, quand tu as créé  Black Devil en 1974, pensais-tu que 40 ans plus tard ta musique serait toujours actuelle ?
BF : Comme je viens de dire, je faisais une création qui ne me semblait pas révolutionnaire, je la destinais à être convaincante dans l’immédiat, ce que je regrette c’est d’avoir attendu si longtemps pour la voir appréciée. Je suis malgré tout quelquefois ravi d’être encore vivant pour le savoir. Mieux vaut tard…..

E :  Que changerais-tu si tu devais créer Black Devil aujourd’hui ?
BF : En 2004, quand il m’est apparu nécessaire de faire à nouveau du Black Devil vu l’engouement qu’il y avait sur le Net, j’ai mis 2 ans pour réussir à en refaire avec la même séduction. Étant donné que Black Devil est un tout, je ne changerais rien ou je tue le diable…Serait-ce raisonnable?

E : Quel regard portes-tu aujourd’hui sur la musique électronique et notamment sur les DJ/Producteur superstar ?
BF : C’est une autre planète. Je me suis servi de la musique pour écrire pour des machines, maintenant ce sont les machines qui dictent la musique. Peut-être un jour elles cracheront un peu plus de sentiments divers?
Pour les DJ/Producteur, je pense que ce sont de nouveaux: Yvette Horner ou des André Verchuren internationaux. Ces musiciens que j’entendais enfant et qui faisaient constamment danser dans les bals du samedi soir. Les gens ont toujours et auront, je pense, toujours envie de danser. Ce sont juste les styles qui évoluent avec la technologie et le mode de vie. Un trader qui danse la Bourrée, ça ne colle pas…
Quand j’avais 20 ans, le « tourneur de disques » était enfermé dans une cage. Aujourd’hui  il s’en est échappé avec succès. Bravo! mais je ne désespère pas voir un jour David Getta suivre sur un camion « le Tour de France » :).

Mais là je suis peut-être trop en avance… Putain encore.

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Soundcloud / FaceBook

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Merci à Virginie, Olivier et à Monsieur Bernard Fèvre.

O.

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