Black Devil Disco Club « Circus »

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L’histoire veut que le bluesman Robert Johnson vende son âme au diable à un croisement de route pour mieux jouer le blues. Il existe un autre artiste, en la personne de Bernard Févre, qui un beau jour de 1978, troqua son amour pour la musique à un diable noir. Mais la renommée du second ne fut pas la même que celle rencontrée par le premier. Il a fallu attendre 28 ans pour que des personnes comme les Chemical Brothers, Aphex Twin ou Luke Vibert montrent l’intérêt qu’ils portent à Black Devil (pas encore Disco Club), et pour que le grand public se rende compte du caractère pionnier de cet album oublié et publié à la fin des années 70. Depuis 2004, avec des albums tout aussi innovateurs, le diable noir ne vit plus un enfer mais vit ce que l’on pourrait appeler un conte de fée. A l’écoute de Circus, on a envie de crier haut et fort au chef d’œuvre. Cette fois-ci, on ne pleurera pas la jeune concurrence digitale tombée dans l’arène face au diable noir. Black Devil Disco Club n’est plus le revenant mais celui qui montre le chemin vers une electro intelligente et oblique. Pour ses dix nouvelles acrobaties electro, Bernard Fèvre a convié de nombreux featuring et pas des moindres. Afrika Bambaataa, John Spencer, Nancy Sinatra et Nicolas Ker pour les plus connus. Tous livrent un spectacle des plus flamboyant et résolument plus rock que pour les précédents albums. Mais ce qui reste sans nul doute la force motrice de cet album, c’est ce son caractéristique de la touche Black Devil Disco Club. Envoutant et crispant, joyeux et ténébreux. Alors « attention » comme le dit Bernard Fèvre « le diable est magnétique, il est aussi parfois satanique ».

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