Bitchin Bajas & Bonnie « Prince » Billy :: Epic Jammers and Fortunate Little Ditties

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Bitchin Bajas  & Bonnie « Prince » Billy . Voici une collaboration dont on n’aurait pas cru entendre un jour la moindre note. Jusqu’à maintenant, on était plutôt habitué à voir le chanteur de Palace s’encanailler avec des formations plus ou moins proches de son univers. On pense à la collaboration avec Tortoise, qui a donné lieu à l’album The Brave And The Bold (2006), ou encore avec Dawn McCarthy avec laquelle il revisite avec élégance le catalogue des Everly Brothers. Mais en aucun cas on n’aurait cru voir un jour le chanteur de Palace partager un album avec les maîtres du drone planant que sont Bitchin Bajas.

L’idée d’un album commun trouve son origine lors de conversations de fins de soirées pendant une tournée commune dans le midwest américain. Jusqu’à aujourd’hui tout les séparait hormis un goût pour la singularité et la mise en danger de leur art.

Depuis 2010 et l’album Tones / Zones, les Américains perpétuent une musique qui prend ses racines dans le psychédélisme et le krautrock planant de la fin des années 60. On cite souvent les noms d’Edgard Froese, Popol Vuh, Brian Eno ou Cluster pour décrire leurs univers. Les Américains ne faillent pas à leur réputation sur cet  Epic Jammers and Fortunate Little Ditties céleste et lysergique. Ils nappent les mantras récités par Bonnie « Prince » Billy à grands coups de synthés vintages.

De son côté, celui que l’on connaît aussi sous le nom de Will Oldham en profite pour faire face au défi de l’improvisation lyrique. En ce sens, il cite pour cet album, Van Morrison et Patti Smith en tant que sources possibles d’inspiration. Bonnie « Prince » Billy se laisse emporter par les drones cosmiques et fait parfois penser à un moine bouddhiste récitant ses haïkus.

Une collaboration improbable sur le papier mais qui, sur disque, se transforme en une sorte de communion sonore. Les ambiances sont positives, apaisantes voire parfois euphorisantes. On entre dans Epic Jammers and Fortunate Little Ditties comme on entre dans une cathédrale. On est face à ce qu’aurait pu donner une jamme entre Tangerine Dream et Nico dans la cathédrale de Reims, un beau jour de 1974. Ici, le silence et le respect des lieux sont de rigueur.

Damien