Bill Ryder-Jones « If »

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Très loin des pop songs estampillées sixties qu’il confectionna au sein de son premier groupe, Bill Ryder-Jones livre son premier effort discographique depuis sa sortie de The Coral. Que les fans qui s’attendaient à retrouver les riffs de guitares électriques ne s’effraient pas, ils vont découvrir une nouvelle facette du talent du liverpuldien. Avec comme ambition de mettre en son le roman post moderne de l’écrivain avant-gardiste Italo Calvino If On A Winter’s Night A Traveller, Bill Ryder-Jones compose ici des mini symphonies bucoliques jouées au piano avec l’aide de l’orchestre philarmonique de Liverpool. Dans une veine hautement cinématographique, les instrumentaux (seuls deux titres sont chantés) s’influencent de compositeurs comme Samuel Barber et renvoient aux bandes originales écrites par Nick Cave et Warren Ellis. Fabuleusement mélancolique comme pourrait laisser présager une nuit d’hiver, les compositions évoquent des épopées classiques d’un voyageur à la recherche de la maturité personnelle et artistique.  Mais ce qu’il y a de plus surprenant dans If , c’est qu’aucun ressentiment d’ennuie et de sensibleries mal placées n’arrivent au bout des dix pièces maîtresses. Donc si au départ If déconcerte quelque peu, bien que l’on aie eu un avant goût des nouvelles directions prises par Bill Ryder-Jones avec l’EP A Leave Taking, il se révèle être un album témoin d’une carrière renaissante à classer parmi les plus belles de sa génération.

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