Bill Ryder-Jones « A Bad Wind Blows In My Heart »

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Après son départ en 2008 de The Coral, Bill Ryder-Jones a tout gagné alors qu’à l’inverse, sa formation originelle à tout perdu. Et ce n’est pas le dernier album en date  des Liverpuldiens (Butterfly House 2011) qui va contredire notre impression.

En sortant le séminal If trois ans après son départ, Bill Ryder-Jones n’a jamais mieux  prouvé à la face du monde qu’il est l’un des meilleurs songwriter de sa génération et que son art a toujours été mal exploité au sein de son premier groupe.

Avec son nouvel album intitulé A Bad Wind Blows In My Heart, Bill Ryder-Jones livre une suite logique à If dont le titre semble marquer au fer rouge l’ensemble des douze titres. Il est presque honteux de se réjouir de ce vent mauvais qui souffle dans le cœur de l’anglais. Car on prend un malin plaisir à écouter ses titres à l’ossature classique mais merveilleusement enveloppés par une chair intemporelle. L’ambiance n’est pas à la franche rigolade et on ne saurait que trop conseiller cet album à tous les cœurs brisés. Nous sommes proche ici d’une mélancolie introspective cher à Nick Drake, de l’écriture fine d’Elliot Smith (Hanging Song) et d’un tempo déjà croisé chez Vic Chessnutt et Sparklehorse (There’s a World Between Us, The Lemon Tree #3). On imagine parfaitement Bill Ryder-Jones en train de composé cet album seul dans une maison abandonnée en pleine campagne anglaise s’influençant de cet environnement et de cette nature pour la mettre au service d’un spleen pop à la perfection formelle. Le résultat est là et comme tous les albums composés loin des tumultes et des divagations du monde actuel, A Bad Wind Blows In My Heart n’est pas près de subir les outrages du temps.

Damien