Bill Fay :: Life Is People

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Dans un monde où l’on n’existe pas si l’on ne fait pas parler de soi abondamment sur les différents réseaux sociaux et que l’on n’est pas le centre de tous les intérêts, Bill Fay fait office d’extraterrestre au milieu d’êtres humains qui l’ont complètement oublié. Faut dire que le monsieur a sorti deux albums (Bill Fay en 1968 et Time of the Last Persecution en 1970) et que depuis quarante ans, il n’a pas donné signe de vie mis à part un album estampillé Bill Fay Group passé totalement inaperçu (Tomorrow, Tomorrow and Tomorrow en 2005). Pendant ces longues années, Bill Fay a été le secret le mieux gardé de la perfide Albion et a vécu de petits boulots sans jamais perdre l’occasion de composer. Pour que Bill Fay sorte de son purgatoire et daigne enfin composer un nouvel album, il a fallu que des labels bien intentionnés rééditent les anciens albums et que son nom soit bien placé dans certaines interviews données par des personnes influentes comme Nick Cave, Jim O’Rourke et surtout Jeff Tweedy  (Wilco), grand fan de l’anglais.

Ce qui frappe dès les premières écoutes de Life Is People c’est l’intemporalité des nouveaux morceaux. Un peu comme si le temps avait suspendu le charme des deux premiers albums et soudain avait décidé de nous l’offrir pour qu’enfin Bill Fay ait cette reconnaissance qu’il mérite. Qu’il soit seulement accompagné par un piano sur le désincarné et désarmant Jesus, Etc. (reprise de Wilco) ou par une envolée de cordes jamais emphatique (Big Painter), le songwriting de Bill Fay tend à l’ascétisme le plus beau. Escorté par les musiciens de Noel Gallagher, des rescapés des sessions de Time of the Last Persecution et de Jeff Tweedy en personne, Bill Fay touche la corde sensible et caresse là où ça fait mal, en jetant un regard humble et lucide sur l’humanité et ce qui l’entoure.

Avec une poésie mélancolique, Bill Fay place l’homme au milieu de tout. Une place centrale qu’il aurait dû avoir depuis longtemps parmi les meilleurs songwriters. Ce serait idiot de souhaiter que Life Is People soit l’album d’une reconnaissance enfin méritée tant on a l’impression que Bill Fay a toujours été parmi nous avec ses mélodies sans âges.

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