Big Deal « June Gloom »


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La blonde « sofiacopollesque » Alice Costelloe, et le beau brun faussement frêle Kacey Underwood, couple de songwriters entrelacés à la scène, mystère subtilement préservé à la ville, forment le duo londonien Big Deal. Rien à voir avec l’émission de télévision française du même nom. Dieu, Allah, Paul McCartney et Mick Jagger nous en préservent. Derrière ce patronyme se cache plutôt une power pop sensible et élégante. Des chansons d’amour qui avancent démasquées, mais pas trop. De celles dont on tisse notre mémoire, à grands renforts de refrains catchy, d’harmonies vocales ciselées et de riffs de guitare bien sentis. Car, de guitares ilen est beaucoup question dans ce deuxième album de Big Deal. Mais là où le premier, « Lights Out« , se la jouait spartiate en n’en mariant que deux (une électrique et une acoustique) à leurs deux voix, celui-ci monte le volume, convoquant une section rythmique qui donne punch et relief à des compositions toujours aussi inspirées. La basse fait des ronds, la batterie cogne juste, jamais un tom trop haut. 

Il faut dire que le producteur Rory Attwell, responsable entre autres du son des Vaccines ou de Veronica Falls, est passé par là. Par ailleurs ex-leader du combo punk bien énervé Test Icicles (le groupe a depuis splitté), il a rehaussé l’univers de Big Deal d’un redoutable mur du son. Et le duo d’habiller ce mur de ses névroses, refusant de choisir entre l’ombre et la lumière, les convoquant à tour de rôle, parfois dans la même chanson.

Mais ce qui frappe davantage encore dans cet album appelé à squatter votre platine, c’est la pertinence de sa tracklist. Le titre d’ouverture, « Golden Light« , se présente tout d’abord comme la suite logique du premier album. Puis, la fameuse section rythmique entre en scène et le ton s’accélère. « Swapping Spit » et « In Your Car » maintiennent la cadence. « Dream Machines » sort les contretemps. « Call and I’ll Come » assure le mid tempo avant le particulièrement pétaradant « Teradactol« . Puis l’acoustique « Pristine » et le brumeux électrique « Pillow » s’enchaînent. L’ultra catchy « Catch Up » embarque. « Little Driper » vous drape de douceur. « Pg » et « Close Your Eyes« , bien nommé titre de clôture, jouent de crescendos langoureux.

Bref, vous l’aurez compris : pas un temps mort, pas une seule faute de goût dans cette tracklist plus équilibrée qu’une pâtisserie de Philippe Conticini. Sauf que cette pâtisserie-là ne vous fera pas prendre un gramme et semble bien partie pour ne jamais périmer. Dans l’intimité de votre casque comme au volant de votre voiture, dans votre salon seul ou accompagné, cette morosité-là, qu’elle soit de juin ou d’octobre, vous fera, très longtemps, beaucoup de bien.

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Arnaud Huber

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