Biche :: La Nuit des Perséides

À une époque où il faut obligatoirement sortir un EP entre deux albums pour ne pas être oublié par les quelques amateurs qui vous suivent, le groupe Biche prend son temps pour faire parler de lui. Formé en 2012, Biche a en effet mis sept ans pour sortir son premier album, La Nuit des Perséides. Non pas que les Français soient atteints de procrastination chronique, mais Biche envisage plus la carrière d’artiste comme un éloge de la lenteur où le ˝laisser cooler˝ est la devise immuable contre le rythme de vie effréné.
La Nuit des Perséides a été composé dans un studio dans les Yvelines près d’une forêt où règnent luxe, calme et tranquillité. Biche a pris le temps de faire les choses bien à sa manière. Une manière qui rappelle parfois celles des Beatles (circa Revolver) mais aussi Julien Gasc dans l’érudition sixties des compositions. Une filiation avec la scène néo-psychédélique française (Forever Pavot, Dorian Pimpernel, Aquaserge…) est souvent mise à l’honneur tout au long des neuf morceaux.
Épaulé musicalement par quatre musiciens, Alexis Fugain chante dans la langue de son père Michel, des textes où l’esprit slacker est roi. « La paresse me tuera, si ça n’est pas déjà fait » chantaient-ils déjà en 2017 sur le titre « La Nuit ne nous dit jamais ». La flânerie et les errances réelles ou imaginaires – aidées parfois par quelques artifices opiacés – sont toujours les thèmes principaux de nombreux titres. Si les membres de Biche avaient été punk, ils auraient sans aucun doute repris Fier de rien faire des Olivensteins. Mais c’est avec un goût pour le classicisme pop qu’ils préfèrent chanter dans « L’Essor » « Passer du temps à ne rien faire / et bien le faire / Prendre le recule nécessaire / Pour bien le faire ». Aux turbulences politico-sociales qui nous entourent actuellement, Biche préfère nous envelopper dans un cocon d’oisiveté et de bonheur communicatif. Cela fait un bien fou de se perdre dans les bois avec Biche.

Damien