Ben Lukas Boysen :: Spells

Ben Lukas Boysen Spells chronique electrophone

On ne présente plus le label Erased Tapes Records qui s’illustre aujourd’hui comme une fabuleuse pépinière d’artistes où se croisent et collaborent, entre autres, Nils Frahms, Olafur Arnalds, Rival Consoles… et Ben Lukas Boysen, fraîchement arrivé en juin dernier avec son nouvel album Spells. Le très prolifique producteur allemand, qui officiait auparavant sous le patronyme de Hecq, en profite même pour ressortir son précédent opus Gravity, qui date de 2013…

Spells en est la suite évidente, tout en apesanteur, magnifique de gravité et de légèreté : piano, harpe, violoncelle et électronique fusionnent tout au long de ces huit titres jusqu’à former une vibrante poésie dont on ne peut ressortir indemne. Les émotions se bousculent, comme une réponse primaire, innée d’émerveillement à l’écoute de ces notes délicates, de ces instruments qui prennent vie sous la direction de Boysen… A se figer, et suspendre sa respiration sur le miraculeux « Golden Times I », qui évoque Jon Hopkins ou Kiasmos, et s’évader grâce à l’exquise mélancolie de « Golden Times II »; ou se laisser bercer sur les Nocturne 3 et Nocturne 4 qui finiront par hanter vos nuits… et admirer l’hypnotique vidéo de « Keep Watch », hymne clair obscur symbolisant cet univers empreint d’un certain romantisme.

Avec Spells, Ben Lukas Boysen fait plus que nous jeter un sort : en insufflant le beau le temps d’un album, il met du baume à l’âme et prouve que l’humain se révèle encore et toujours capable de magie.

Carine