Beat Assailant « B »

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Dire que le rap est sous représenté chez GCTMT est un doux euphémisme. Normal. Devant la médiocre qualité de certains groupes actuels et lorsque l’on porte au nu des classiques comme Fear Of A Black Planet de Public Ennemy, Straight Outta Compton d’NWA, ou n’importe quel album des Beastie Boys, il y a de quoi avoir envie d’écouter autre chose. Mais parfois, des albums arrivent à marquer (cf. Télémaque) et vous réconcilient avec un style. Et pour cause, le plus francophile des rappeurs américains bouscule son univers et revisite son hip-hop dans sa forme la plus originelle. Un micro, un beat et un sample, il n’y a rien besoin de plus. Auteur de trois albums aux saveurs jazzy funk, et connu pour jouer un hip hop organique vers lequel tout le monde semble revenir, Adam Turner entame avec B un revirement total et prend tout le monde de revers en retournant aux sources même du rap. Celles qui l’ont éduqué dans sa jeunesse à Atlanta (A Tribe Called Quest, De La Soul, EPMD, Pharcyde, Gangstarr, Brand Nubian). Des influences particulièrement visibles dans des morceaux tels que ShotgunBeat Assailant mitraille Outkast avec un certain aplomb et un sourire aux lèvres (Killed Them With A Smile). Moins convaincant lorsqu’il tombe dans les travers d’un rap facile proche d’Eminem (Hands Up, Welcome To My World), B est surtout affreusement moderne avec le single Rain Or Shine, véritable tube hip hop moderne comme seule l’écurie Ed Banger sait en faire.

Venu en France pour, selon ses dires, « se vouer à créer quelque chose de plus grand que soi». On a l’impression qu’avec B le  pari est réussi.