Beach Fossils :: Somersault

© Kohei Kawashima

Troisième album pop aux arrangements discrets mais luxuriants, Somersault élève presque Beach Fossils au niveau de ses contemporains doués.

Le groupe originaire de Brooklyn a opté pour des lignes claires afin de servir de  belles compositions, agrémentées de trouvailles discrètes – une mini boite à rythme sur quelques mesures- une intervention hip hop y compris flutes et cordes  à pleuvoir. Leur Pop Indie nous renvoie immanquablement  aux Go-Between – un peu-, aux fantasques Apples In Stéréo  ou récemment aux Real Estate et Wild Nothing.
Dustin Payseur a vu passer multitudes de musiciens depuis la création du groupe en 2009. Mais il a visiblement du mal à les conserver. Le terme de groupe est donc assez ambigu concernant Beach Fossils.
Le New-Yorkais l’avoue facilement, jamais il n’avait composé un album aussi riche en orchestration. Bon, calmons  le jeu, ce n’est quand même pas les Beach Boys ou les High Llamas.
Parmi les onze titres de l’album, on ne manquera pas l’envolée rythmique et mélodique sur Be Nothing , qui n’est pas sans rappeler Diiv, le groupe ami,  This Year à la caresse cotonneuse ou encore l’approche précieusement désaccordée de Sugar.
La voix faussement désabusée, répond aux critères de production  de l’underground new yorkais, les choeurs harmoniques lui confèrent un retour dans les early seventies teintées d’effets shoegazing mais  à petite dose.
En guest de luxe, Rachel Goswell – chanteuse de Slowdive – irradie Tangerine d’une délicatesse toute féminine tandis que Cities Aviv pose sa prose rap sur Rise  pour un résultat surprenant et convainquant.
On est loin de l’ambiance froide de début –Daydream (2010)– ou l’on pouvait croiser l’ombre de The Drums ou Joy Division, Beach Fossils rentrant comme beaucoup d’autres dans une sorte d’underground conventionnel. Sans reproche aucun.

Mathieu