Baden Baden « Coline »

Coline baden baden
C’est peu dire que l’on attendait de pied ferme l’arrivée du
premier album de Baden Baden. Découvert
sur la foi d’un premier EP (78 en 2009),
on observait les moindres faits et gestes de ce trio de trentenaires bien
éduqués. Bien nous en a pris de garder ce nom à consonance Gaullienne dans un
coin de notre cervelle car Coline,
premier long format des Parisiens, est la concrétisation en microsillons de
tous les espoirs portés en eux.

Même si la reprise dans le tracklisting de titres déjà
entendus ternit un peu (mais très peu) l’effet de surprise (Anyone, 78), c’est avec
un enthousiasme sans failles que l’on découvre les autres compositions.
Chantées parfois avec une fragilité toute souchonnesque (Je sais, je viens), les douze ritournelles croissent vers une
élégance d’écriture déjà croisée chez les Montréalais de Karkwa mais jamais
dans la France
de Dominique A. Aussi curatif que peut être l’eau d’une ville thermale, Baden
Baden a le pouvoir de soigner les cœurs sensibles avec des mélodies parfaites
bercées dans des productions soignées. Entre mélancolies nonchalantes proches d’un
Jason Lytle (Good Heart) et orfèvreries
pops héritées de Radiohead et consort (You’ll
See
), Baden Baden ne s’interdit aucun arrangement précieux. Appliqué
et rempli de bonnes manières comme peut l’être un étudiant studieux ou un garçon
de bonne famille, Baden Baden est de tous les groupes au nom répétitif, celui
qui est le plus séduisant.

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