AudioFlux :: EP

Audioflux

C’est un vrai plaisir aujourd’hui de tomber sur un album qui ressemblerait à une sorte de madeleine de Proust version trip-hop, celle qui nous renvoie en quelques secondes à nos premiers émois musicaux et nous prouve que le son originel défendu en nos pages trouve encore à exister et à évoluer… En ce début d’année largement marqué par le retour de Massive Attack, me voilà à écouter en boucle depuis quelques jours E.P, la première sortie du trio AudioFlux qui nous vient… de Bristol, cela ne s’invente pas. Les trois gaillards y ont étudié la musique ensemble à la fac, avant de former en 2014 leur projet en fusionnant leurs influences personnelles : le hip hop et la dub pour Georges Bullock (voix), la dance/electronica pour Jake Purefoy (platines) et le rock/metal pour Chris Diment (basse).

Composant à six mains, AudioFlux livre un son brut, aux basses profondes et lancinantes ; il s’en émane une ambiance qui s’assombrit au fur et à mesure des titres, d’où surgissent parfois, telles des sirènes enjôleuses, de jolies voix féminines venues tempérer la noirceur des arrangements (Know)…. Comme pour rappeler qu’il demeure un élément fondamental du trip hop, le hip hop, omniprésent et sans concession, vient d’abord flirter avec les résonances dub sur Daily Bread au refrain entêtant ; il s’habille ensuite de sonorités plus industrielles, trouvant dans la bass music un écho particulièrement torturé (Trap$tar, Hyh). Les deux coups de coeur de l’album, Breathe, aux accents rock crasseux et collants, et Metronome, qui vient conclure avec panache E.P, se démarquent grâce à leur montée progressive et calculée, leurs rythmes obsédants et un flow d’une troublante parenté avec un certain Rosko John, époque Londinium… Né sur la terre-mère du trip hop, ce début prometteur d’AudioFlux mérite bien un sérieux coup de projecteur, d’autant qu’il nous est offert en name your price. Ne nous privons pas de ce qui fait du bien.

Carine

Chronique également publiée sur le site Trip-Hop.net