Aud « The Death Of The Stag God »

Aud The Death Of The Stag God
A une époque où tout semble être gouverné par l’argent et
les bourses mondiales, certains prennent le symbole d’une monnaie pour
mieux décrire toute l’absurdité du monde actuel. Aud vient d’Australian Dollar.
Un patronyme qui flore aussi bien le mercantilisme que le dépaysement le plus
total. Ils ont choisi ce nom de scène pour son ambivalence. D’un côté, les deux
Nancéiens se posent en observateur d’un monde (économique, écologique,
politique…) en plein bouleversement. De l’autre, le large spectre sonore et
émotionnel de leur musique ne peut que nous faire échapper du réel à travers
des morceaux ressemblant à des contes féériques.

The Death Of The Stag
God
fait suite à la dentelle folk que fut Origami paru l’année dernière. On reste même dans une certaine idée
de japonisme puisqu’après la légende des Mille
Grues
revisitée dans le premier EP, The
Death Of The Stag Gog
(la mort du Dieu-Cerf) fait référence au Shishi-gami,
représentation Shintoïste de la nature. Et d’après la légende, lorsque le
Dieu-Cerf meurt, cela signifie que c’est « la fin d'une époque qui remonte à la nuit des temps. Une époque où la
nature et les dieux avaient le dessus, où la forêt était protégée de la folie
des hommes
 ».

Observateur sans être trop moralisateur, le duo met en son
sa vision du monde à travers un folk habillé de velours. Fortement influencés à
leurs débuts par les affreux Cocoon, Aud a aujourd’hui murit dans le bon sens,
regardant vers le folk nord-américain. Patrick Watson et Sufjan Stevens sont
dorénavant les figures tutélaires d’un folk habité par des orchestrations
somptueuses. A tel point que l’on se demande comment le duo Nancéens va
pouvoir retranscrire cela en live. Quand les cordes ne sont pas de sortie, c’est
une trompette échappée de Belle & Sebastian qui s’incruste dans cet
harmonieux EP éradiqué de toute trace d’ennui.

Origami était un
essai réussi, The Death Of The Stag God
est une révélation.

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