Athanase Granson « The Shaking Aspect of Summer »

Athanase Granson The Shaking Aspect of Summer« Athanase Granson était un jeune homme maigre et pâle, de moyenne taille, à figure creuse où ses yeux noirs, pétillants de pensée, faisaient comme deux taches de charbon. Les lignes un peu tourmentées de sa face, les sinuosités de la bouche, son menton brusquement relevé, la coupe régulière d’un front de marbre, une expression de mélancolie causée par le sentiment de sa misère, en contradiction avec la puissance qu’il se savait, indiquaient un homme de talent emprisonné. » Voici comment Balzac décrit son personnage romanesque dans son livre La Vieille Fille. Celui qui nous intéresse ici et qui reprend l’identité du héros Balzacien ressemble plutôt à un dandy pop parisien, mal rasé, bien habillé, cultivant un faux air de Jean-Benoït Dunckel et Thomas Dutronc. Ces premiers symptômes se résument  à un EP et une relecture de Baudelaire de Serge Gainsbourg. The Shaking Aspect of Summer, son premier album, est une sorte de safari lunaire durant lequel on croise Air, François de Roubaix, The High Llamas ou encore Elliot Smith. Autant dire que l’on se trouve ici dans les hautes sphères d’un style finement ciselé. Les 17 titres de The Shaking Aspect of Summer se résument en une promesse d’un été enjôleur. Une pop feutrée et atmosphérique jouée par un amoureux des harmonies Wilsonniennes. Rien de nouveau sous les tropiques mais ce formidable album nous y emmène (sous les tropiques) avec allégresse et délicatesse grâce à des arrangements finement orchestrés. Pure rêverie d’un compositeur contemplatif, The Shaking Aspect of Summer est une bande-son idéale pour un endless summer aussi éternel que l’étymologie grecque du prénom de ce nouveau fin mélodiste laisse transparaître.

Facebook