April March et Aquaserge


Cover
Depuis l’inusable Chrominance Dancer, on suit la carrière discographique d’April March avec un certain intérêt, pour ne pas dire amour. La belle américaine a maintes fois prouvés son intérêt pour la France au détour de reprises de Serge Gainsbourg et a toujours su s’entourer de la crème des musiciens français. Que ce soit avec Bertrand Burgalat qui a fait d’elle l’égérie de son label Tricatel, ou avec le groupe A.S Dragon, backing band sur le mésestimé Triggers, Elinore Blake a développé une certaine esthétique sixties des plus respectables.

La chose ne risque pas de changer avec ce nouvel album écrit en collaboration avec l’un des meilleurs groupes psychés français actuels. Cette collaboration, on l’a rêvée, ils l’ont fait. April March et Aquaserge c’est la rencontre de la légèreté  des Yé-yés avec l’exigence de l’underground psychédélique des années 60/70. Leur première rencontre date de 2007 et pourtant elle aurait pu se passer en plein Swingin London. « C’était essentiel de faire un album ensemble, évident ! » explique Julien Gasc. Mixé par John McEntire (Tortoise) et publié sur le label Freaksville, April March & Aquaqerge est une invitation dans un Comic Strip rempli de SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !. Tout commence avec Black Bars, qui nous rappelle que Love a, à jamais, changé la face du monde de la musique avec Forever Changes. Mais aussi l’Ecole de Canterbury avec les très Robert Wyatt How Was Your Day et Sybarite que Stereolab ne renierait pour rien au monde. Plus léger, Des Tics et des Tocs nous rappelle aussi les compositions chantées par France Gall, Dani ou Anna Karina et écrites par Ce très Cher Serge au moment où il s’aperçut que sa veste était doublée de vison. À l’inverse de tous ces groupes baignant dans une rétromanie maladive, April March et Aquaserge réussissent à allier érudition et légèreté avec une facilité déconcertante et nous offrent un retour vers le passé en première classe.

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