APPARAT « Krieg Und Frieden (music for theatre) »


Cover_mit_Sticker
Krieg und Frieden
(Music for Theatre)
 est un album
écrit à partir de la pièce de théâtre de Sebastian Hartmann intitulé Tolstoy’s War & Peace dans laquelle Sascha
Ring, alias Apparat, avait la lourde tâche de faire l’accompagnement musical.
Une fois la dernière représentation effectuée, Sascha Ring et ses musiciens ont
considéré qu’ils n’avaient pas encore épuisé tout le potentiel des chansons. “Comme elles sont nées de tout un processus
et se sont sans cesse transformées, elles gardent une certaine fraîcheur
”.
C’est alors que ce touche-à-tout avide de nouvelles sensations entre en studio
avec  Philipp Timm (violoncelle) et
Christoph Hartmann (violon) pour surprendre une nouvelle fois en s’ouvrant au
champ théâtral avec maestria.

Sascha Ring touche ici la corde sensible et joue sur
l’émotionnel comme il n’a jamais joué. On est loin, très loin de Multifunktionsebene (2001), de Duplex (2003) ou du projet Moderat créé
avec Modselector. Il n’est aussi plus question ici de musique électronique au
sens strict du terme, ni même d’avancée pop débutée sur The Devil’s Walk. Krieg und
Frieden
explore la musique classique tout en la sortant de son giron
traditionnel (et non pas celui de Napoléon).

Krieg und Frieden
fait oublier les mots et laisse parler le silence. Un silence utile pour
apprécier la beauté du son. C’est une musique libre et romantique qui sert à
ouvrir l’album (44) avant de
connaître une transformation noise fait de crissements et de nappes bruitistes
(44 Noise Version). Krieg und Frieden puise  sa force dans l’émotion et s’écoute les yeux
fermés. Pas la peine de connaître l’œuvre de Tolstoï ni même d’avoir vu la
pièce de théâtre de Sebastian Hartmann pour se faire une idée de l’histoire.
Apparat réussit avec une force éblouissante à faire ressentir les moments clé
de ce monument de la littérature à travers des motifs sans cesse en évolution.

"Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
"

Ces deux vers de Baudelaire tirés du poème "L’Invitation au voyage" pourraient
à eux seuls suffire à qualifier le dernier disque d’Apparat.  Et savoir qu’au départ cet album n’avait pas
été prévu pour connaître une sortie physique, on finit par se dire que l’on
tient là un trésor fragile.

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