Antoine Loyer « Poussée Anglaise »

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Antoineloyer06 La chanson française est parfois traversée par des ovnis. Des artistes uniques dans leur genre, bouleversant tout sur leur passage et surtout les idées reçues. Antoine Loyer est de ceux-là. Proche, dans l’esprit, d’un Dick Annegarn, Antoine Loyer repousse les frontières de la chanson française à grands coups de Poussée Anglaise. D’anglais, le présent album du parisien ami de Mathieu Boogaerts et de JP Nataf, n’en a que le nom. Rien de la perfide Albion ne résonne par ici ou alors peut-être son jeu de guitare qui rappelle vaguement Nick Drake (Du moins… (ou Gen Paul ou Sexe de Femme)). Les premières minutes de Poussée Anglaise vont en déconcerter plus d’un. Rodin nous emmène en plein quartier indo-pakistanais en compagnie d’Areski Belkacem, alors que sur A un crâne qui n’avait pas de mâchoire inférieure, on descend d’un étage pour se retrouver dans le jazz bohème des caves voutées de Saint-Germain-des-Prés. Poète moderne et surréaliste, Antoine Loyer réinvente le genre avec le génial morceau Infanterie dont le texte est à la limite de la compréhension pour ensuite se transformer en poète Beat façon Allen Ginsberg accompagné de son harmonium (Au poèt’ du bonheur, Bonjour). Cet album est sublime par sa nouveauté et par sa capacité à vous prendre à rebrousse-poil. Mais une crainte subsiste tout de même. C’est que des albums de cette trempe restent trop souvent confidentiels car mal compris et trop avant-gardistes. Bref, en avance sur leur temps.

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