Animal Collective « Centipede Hz »


Annimal collective centipede hz
Merriweather Post
Pavilion
avait enfin fini par installer Animal Collective dans le paysage
sonore actuel comme le groupe le plus excitant de sa génération. Jamais à court
d’idées, repoussant sans cesse les limites de leurs sons à chaque nouvelle
production, les hallucinés de Baltimore réinventaient la musique en laissant
sur place tous les suiveurs. Et pourtant, à force de connaître l’excellence, on
finissait par ne plus être surpris. A tel point que l’on se demandait si la
suite allait être moins lassante et surtout si le groupe allait arrêterde
tourner en rond comme un poisson dans son bocal.

Fouillé et alambiqué, Merriweather
Post Pavilion
s’était laissé couler vers des atmosphères un peu trop
ambient et aquatique. Etait-ce le fait du départ de Deakin ? Peut-être.
Mais voilà, Centipede Hz marque le
retour du guitariste, et avec lui, la redécouverte de leurs anciennes méthodes de
travail. Et c’est sans doute en retrouvant la façon dont ils travaillaient à leurs
débuts qu’Animal Collective a su tirer son épingle du jeu. Plus terre à terre,
plus énergique, l’ouverture  Moonjock nous plonge d’emblée dans une
transe synthétique. Animal Collective ne joue plus sur les ambiances mais
plutôt sur le côté entraînant de leur musique. Enregistrés dans le même studio
que Bloom de Beach House, les titres
de Centipede Hz transpirent  une sorte de west coast psychédélique et
psychotrope. On est à se demander si Grateful Dead était né dans les années
00’s, si il n’aurait pas fait le même genre de musique. Même Rosie Oh, un des meilleurs titres de Centipede HZ avec Today’s Supernatural, fait penser à du Beach Boys écouté sous
acide. Et il y en faut des substances qui ouvrent les portes de la perception,
car ce neuvième album au nom prédestiné fourmille de sons cachés que seules des
écoutes prolongées permettent d’en dénicher toutes les saveurs (le Chœur
d’enfants sur Father Time, les
séquences radio…).

Unique et excitant Centipede
Hz
symbolise une certaine alchimie retrouvée par un groupe qui décidément a
du mal à nous décevoir. Expérimentés par leurs escapades en solitaire, chacun a pu
mettre son grain de sel à des expérimentations organiques (jusqu’à Deakin qui
chante pour la première fois sur Wide
Eyed
) et livre ici ce qui va sans doute devenir des classiques de
l’avant-garde pop.

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