Andy Warhol et les pochettes de disques

Tout au long de sa carrière, Andy Warhol a été très proche du milieu de la musique. Sa contribution la plus connue dans l’histoire du rock est sans aucun doute sa relation avec le Velvet Underground et l’illustration de la pochette de leur premier album. Mais il y a eu un avant et un après cette pochette iconique. Retour sur la relation entre le pape du Pop Art et les pochettes d’albums plus ou moins connues illustrées par l’artiste.

La première pochette dessinée par Andy Warhol date de 1949. C’est celle de l’album de Carlos Chávez A Program Of Mexican Music édité chez Columbia Records. À cette date, celui qui se prénomme encore Andrew Warhola, est fraîchement diplômé de  Carnegie Institute of Technology de Pittsburgh où il obtient le Bachelor of Fine Arts. Durant l’été de cette même année, le futur pape du Pop Art s’installe à New-York où il commence à travailler comme dessinateur publicitaire pour le magazine Glamour. Il travaille aussi pour Vogue, pour Harper’s Bazaar  et crée ses premiers croquis pour le fabricant de chaussures I. Miller. Il dessine seulement deux pochettes pour Columbia et n’effectue plus rien jusqu’à son embauche chez RCA en 1952.
Cette même année, il effectue sa première exposition personnelle à la Hugo Gallery : Andy Warhol : Fifteen drawings based in the writings of Truman Capote. L’illustration de pochettes devient un travail de plus en plus régulier durant la première moitié des années 50. Ces dessins sont alors naïfs. Souvent dessinés au crayon avec des aplats de couleurs vives. Il dessine souvent pour des albums de musique classique, de musique latine ou encore de l’easy listening alors en vogue à l’époque. Il illustre même un album assez ovniesque (The Nation’s Nightmare) sur lequel on observe un junky se faire une shoot. Ce disque aujourd’hui très recherché a très certainement dû faire sensation à une époque où la Beat Generation n’est encore qu’à son balbutiement et que les problèmes liés à la drogue sont très peu connus du grand public.
Sa première illustration pour un disque de jazz concerne un album de Count Basie sorti en 1955. L’année suivante, ses dessins orneront pas moins de six pochettes d’album dont Both Feet In The Groove d’Artie Shaw et l’album éponyme de Kenny Burrell.
En 1957, il travaille pour la firme Prestige chez qui il orne de sa calligraphie la réédition de Monk de Thelonious Monk, mais aussi The Story Of Moondog du viking de la 6éme avenue et Trombone By Three de Jay Jay Johnson, Kai Winding et Bennie Green.
En 1958, il travaille pour le légendaire label de jazz Blue Note pour qui il dessine trois pochettes (Kenny Burrell, Johnny Griffin et Tennessee Williams). Il ne fait ensuite plus rien jusqu’en 1963. Durant cette période où il ne collabore pas avec les maisons de disques, il réalise ses premières peintures inspirées par la bande dessinée et par les publicités parues dans la presse. Il découvre le travail de Roy Lichtenstein et réalise ses premières toiles consacrées aux biens de grande consommation. C’est aussi à cette période qu’il commence la série au pochoir consacrée aux Campbell’s Soup Cans. Il développe la technique de la sérigraphie sur toile et peint les unes de journaux. Ce qui constituent sa première transposition de la photographie en peinture.
C’est justement avec la photographie qu’il revient à l’illustration de pochette grâce à l’album de John Wallowitch This Is John Wallowitch paru en 1964. Une pochette qu’il faut obligatoirement rapprocher de ses séries de Self-portraits réalisés en photomaton.
Au milieu des années 60, Andy Warhol est connu et reconnu dans le milieu artistique. Il ouvre sa Factory, réalise des films expérimentaux et désire se rapprocher du milieu rock. C’est en 1965, qu’il rencontre pour la première fois le Velvet Underground pour qui il dessinera sans aucun doute sa pochette la plus iconique (The Velvet Underground & Nico en 1967).
A partir de là, de nombreux groupes vont vouloir leurs albums illustré par Andy Warhol. Mais peu seront les élus. Les Rolling Stones par deux fois avec Sticky Fingers et Love You Live. Idem pour John Cale avec The Academy In Peril et Honi Soit. Toujours en rapport direct avec son œuvre et son style du moment il dessine les pochettes de Diana Ross, Paul Anka, Billy Squier et Aretha Franklin. Probablement les plus représentatives du style warholien et les plus copiées.

Damien