Alone With King Kong :: Bedroom​-​Sized Doomsday

Il y a quelques années, lors d’une interview croisée avec S8N, Tom Rocton nous annonçait ici-même qu’il mettait un terme à la carrière de son double primate. À l’époque, il avait envie de se mettre au service des autres. On ne savait pas encore qu’il allait être une recrue de premier plan pour Manuel Etienne et que Christian Quermalet allait faire appel à ses services pour reformer The Married Monk.
On ne sait pas ce qui a donné envie à Tom de sortir le gorille de la brume messine.  Lui seul le sait. Ce qui est sûr, c’est que ce retour était attendu par quelques initiés qui suivaient de près  le moindre Kong de ce King solitaire.
Derrière cette pochette aux accents brutaliste (encore une fois bravo Jennie), on retrouve la douceur du fan de mélodies pop qu’est Tom Rocton. Et de belles mélodies,  ce Bedroom​-​sized Doomsday en est truffé. Prenez simplement Crooked Ground Crooked Ground (clin d’oeil à Crooked Rain Crooked Rain de Pavement ?). C’est le genre de morceau qui te fait fermer la revue que tu es en train de lire et prononcer ces mots « Putain comme c’est beau« . Que dire de February ? Ce morceau pourrait voler la place à Strange News from Another Star sur le meilleur album de Blur. Sur Unwashable Stains, on se prend à rêver d’une collaboration live entre Alone With King Kong et Twin Pricks (un autre groupe de la sphère messine dont on attend le retour).
Tout au long de ce Bedroom​-​sized Doomsday tour à tour lumineux et sombre, on entend quelques marqueurs indélébiles ancrés chez le messin (le mellotron des Beatles, le clavier façon The Rentals, la guitare de Graham Coxon, la mélancolie poétique de Ray Davies…. ) Ces influences sont aujourd’hui maîtrisées et servent un songwriting fabuleux. Un songwriting qui, depuis le premier album sorti chez Kito Kat Records, a évolué magnifiquement et évite la répétition (This Is Not A Rehearsal). Un songwriting pop vertigineux faisant de Tom Rocton un artiste à part, et en aucun cas un chanteur de plus écrivant des chansons que personne n’écoute (All The Best).

Damien