Alexandre Martinez vu par Mr Bios

Dernière signature du label tricéphale Chez Kito Kat,
Alexandre Martinez s’apprête à sortir son premier album. Avant la release party
qui aura lieu ce vendredi aux Trinitaires de Metz, Christophe Biache, tête
pensante du label messin et musicien stakhanoviste au sein de Mr Bios, Komparce
et Beat For Sale, a écouté pour nous Eterna.
Il nous livre en avant-première ses impressions à travers un track-by –track et
autant dire que ce qu’il en dit nous donne envie d’écouter l’album dans les
plus brefs délais.

559154_485235391525661_1526085921_n

LA
NUIT

Ce
premier morceau commence sur des nappes synthétiques noyées dans une reverb,
rejointes ensuite par un rythme très typé 80’s, la richesse des harmoniques,
des arrangements et les superpositions de textures donnent le ton de cet album.

LE
CERISIER

Des
accords de piano ouvrent cette pièce encore une fois très aérienne, le coté
lo-fi peut de prime abord être déstabilisant mais comme sur plusieurs titres de
cet album il est complétement assumé et apporte une forme d’intemporalité.  Un morceau magnifique qui aurait pu être
accompagné au chant par Mark Hollis.

LOI
TACITE

Ce
morceau me fait penser à Jonas Reinhart, (et c’est un compliment !) dans
les enchevêtrements de nappes et d’arpèges synthétiques. L’ambiance est
prenante et hypnotique.

LE
SOMBRERO

La
première chose qui me vient à l’esprit à l’écoute du SOMBRERO c’est le souvenir
de mon Commodore 64.  Un coté Felix Kubin
sur ce morceau avec des synthés et rythmes en 8bits auxquels vient s’ajouter
une nappe hypnotique. C’est barré, pêchu et c’est bien fait.

ETERNA

Sur
ETERNA, seul morceau chanté de cet album, Alexandre Martinez ouvre de nouvelles
perspectives qui mériteraient d’être développées sur de futures productions.
L’ajout de la voix émerveille ce morceau.

NAPOLEON

Une
très belle intro sur ce titre, un arpège de guitare souligné par un thème assez
mélancolique, le rythme vient casser un peu le coté monotone et lancinant.
L’atmosphère du morceau est similaire à ce que je ressent en écoutant Ágætis Byrjun de Sigur Ros
donc autant dire que j’adhère.

JASPER
ET SON CHEVAL

Ce
morceau est étrange, comme une balade synthétique, faussement sirupeuse,  c’est comme si Boards of Canada aurait écrit
un titre pour Frank Sinatra.

AUTOBAHN
A PERTE DE VUE

Encore
une fois Alexandre Martinez impose sa marque de fabrique, c’est brut, presque
négligé sur certains aspects, comme ce rythme bancal qui risque à tout moment
de faire chavirer le morceau, mais cela renforce la fragilité qui en
ressort.  Un de mes titres préférés.

JULY
14

Ce
qui pourrait s’apparenter à une comptine enfantine  devient vite dans « July 14 » un
hymne martial imprégné par des roulements de caisse claire, quasi
militaires.  C’est étrange mais ça donne
envie de réécouter The Civil War de Matmos.

BALLE
DE MATCH

Alexandre
Martinez aime être sur la tangente et ce qui pourrait presque être de l’ordre
du mauvais goût ne l’est pas, c’est ce qui fait son génie, notamment sur ce
morceau. Il y a toujours cet accord qui transforme ce qui est évident en
quelque chose de  précieux. François de
Roubaix aurait apprécié.

Alexandre Martinez /Chez Kito Kat / Les Trinitaires