Alex Izenberg :: Harlequin

alex-izenberg_lores-1475181756-640x524Alex Izenberg, dernière signature de Weird World (division de Domino Records), a mis cinq ans pour composer son premier album Harlequin. Pourtant, ce long processus d’écriture n’a pas du tout nui à l’homogénéité de l’ensemble. Si le résultat est tel, c’est probablement parce que ce premier album s’inscrit dans l’intemporalité d’un songwriting made in America. En effet, on n’a aucun mal à dire que le jeune californien est le digne successeur d’ Harry Nilsson ou de Randy Newman, tant ses morceaux sont teintés d’un romantisme ensoleillé et d’une nostalgie californienne. Et même si dans le génial clip To Move On, il rend hommage à Andy Warhol, et donc de façon détournée à New-York, Alex Izenberg clame tout au long de l’album tout son amour pour la Cité des Anges. De la même manière que Randy Newman clamant son I Love L.A. , Alex Izenberg emprunte les codes de la ville californienne pour mieux parler d’amour, de chagrin et de folie urbaine.

Mais réduire la musique d’Alex Izenberg à une simple descendance des grands songwriters américains des années 70/80 c’est un peu faire fausse route. Comme le costume du personnage type de la commedia dell’arte, la musique du californien sait se parer de multiples couleurs. Alex Izenberg ajoute à ses influences avouées des nuances pop modernes. Impossible de ne pas penser à Grizzly Bear lorsque l’on écoute A Bird Came Down. Et puisque l’on est chez les propriétaires de la maison jaune (Yellow House), on jurerait entendre Daniel Rossen et son projet Department Of Eagles dans les moments les plus folks d’Harlequin.

Toutes ces influences et références citées font d’Alex Izenberg un énième songwriter, certes très doué, mais un peu trop inspiré par ce qui lui précède. C’est ce qui fait paradoxalement son charme et sa faiblesse. Mais lorsque c’est aussi talentueusement fait dans un premier album, on ne peut qu’espérer une suite plus que prometteuse, si toutefois il se décidait à nous emmener dans un univers plus personnel.

Damien