Aldous Harding :: Party

Sur la pochette de son premier album, Aldous Harding apparaissait dans un portrait diurne en nous transperçant de son regard comme si elle cherchait à percer nos secrets. Coiffée d’une casquette, elle ressemblait à beaucoup de ces filles que l’on croise dans la rue. Aujourd’hui, la pochette de son second album est l’antithèse du précédent. Elle s’y présente toujours en portrait, mais cette fois-ci, la lumière qui baignait la précédente illustration a laissé place à une image en noir et blanc légèrement floue. On peine à trouver son regard dans une ambiance obscure et énigmatique. Doit-on voir dans ce parti pris iconographique un signe de l’évolution de la musique de la Néo-Zélandaise ? Très certainement.
L’album a beau s’intituler Party, on ne se retrouve pas ici au milieu d’une fête à l’ambiance délurée. Aldous Harding reste fidèle à ses ambiances folks habitées qui lui ont souvent valu d’être comparée à Vashti Bunyan et à Linda Perhacs. Elle en profite même pour accentuer la part de mystère qui existait déjà dans  son premier album avec une instrumentation plus épurée avec souvent un seul instrument pour l’accompagner. Produit par John Parish, Party baigne dans une obscurité troublante où le minimalisme des ambiances laisse plus de place à une voix caméléon saisissante. Aldous Harding utilise sa voix comme un véritable instrument au gré des humeurs de ses chansons. Elle n’hésite pas à lui faire traverser les âges comme sur le sommet qui a donné son titre à l’album où la voix prend une forme juvénile avant de se muer dans un chant plus mature. Que dire du titre I’m So Sorry où l’on a l’impression que c’est une autre personne qui chante.
En cherchant sa voix dans le mystère, Aldous Harding y a trouvé sa voie. Celle de la réussite.

Damien