Aksak Maboul :: Figures

En 2014, Aksak Maboul revenait aux affaires vingt-quatre ans après avoir vendu Un Peu de l’Âme des Bandits. Ce retour inespéré de l’un des plus grands groupes du plat pays se concrétisait deux ans plus tard avec un album de reprises (toutes issues d’Ex-Futur Album) par la jeune garde pop actuelle. 16 Visions Of Ex-Futur ressemblait plus à un hommage à l’un des groupes les plus mésestimés qu’à un exercice de style. À son écoute, on s’est vite rendu compte qu’Aksak Maboul tenait une place très importante dans la musique d’Aquaserge, Flavien Berger, Forever Pavot ou encore Jaako Eino Kalevi.
Revigorés par cette nouvelle reconnaissance méritée, Marc Hollander et Véronique Vincent ont décidé de poursuivre leurs acrobaties musicales avec de nouvelles Figures. Vingt-deux figures pour un total de soixante quinze minutes de bonheur auditif. Toutes les compositions puisent une nouvelle fois dans les multiples sources qui inspirent le duo depuis ses débuts (la musique électronique, l’expérimentation pop, le jazz, le minimalisme, le classique contemporain…). Comme à son habitude, Aksak Maboul transcende et malaxe ses influences pour en offrir quelque chose d’inclassable, rempli de liberté. Pour ce nouvel effort, l’intelligence du duo a été de faire confiance à la jeunesse et aux amis de longue date pour faire avancer son style impressionnant.
Parmi eux, on retrouve le génial improvisateur Fred Frith, Steven Brown de Tuxedomoon ou encore des anciens membres d’Aksak Maboul (Michel Berckmans, Sebastiaan Van den Branden). Pour les aider à composer, Marc Hollander et Véronique Vincent ont fait appel au noyau dur d’Aquaserge (Julien Gasc, Audrey Ginestet et Benjamin Glibert) ainsi qu’à la formation scénique qui accompagne le duo belge en tournée et dans lequel joue Faustine Hollander, la fille de Marc.
Figures ressemble à un jeu de rôles dans lequel chacun se nourrit de l’autre. Aksak Maboul, figure tutélaire, apporte la pensée, les thèmes. Aux multiples collaborateurs d’agencer le tout et de faire en sorte que tout colle ensemble sans vraiment en avoir l’air. Ces vingt-deux danses pour combattre la migraine avancent en roue libre sans jamais perdre le nord. Ici se jouent des mélodies dadaïstes avec une décontraction malicieuse. La ligne claire chère aux dessinateurs de bd belges est martyrisée pour le plus grand bien. On préfère ici les Figures cabossées, à l’image du portrait qui illustre la pochette dessinée par Véronique Vincent elle-même.
Aksak Maboul ne connaît pas la ligne droite. Ça s’entrecroise. Ça s’entrechoque. Figures est un souffle de liberté dans une époque confinée. Cela fait du bien de respirer.

Damien

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