Agent Side Grinder « Hardware »

Agent Side Grinder Hardware
On avait laissé les Suédois d’Agent Side Grinder avec un magistral Irish Recording Tape puisant ses sources du côté d’une ville noire et blanche chère à Joy Division et Kevin Cummins : Manchester. S’il fallait faire une fois de plus une analogie urbaine avec le nouvel album d’Agent Side Grinder, on situerait Hardware plus du côté de Düsseldorf ou  de Berlin. Et ce n’est pas le clin d’œil à la pochette de Computer World (Kraftwerk) qui nous influence pour avancer cela. Même si les ambiances restent quand même hypnotiques et froides, Hardware s’évade de ses tirades postpunk pour se diriger vers les circuits imprimés de la new/cold wave 80’s (Wolf Hour). Sur ce troisième album, la batterie électronique ne réchauffe toujours pas l’atmosphère, et la voix gutturale de Kristoffer Grip fait toujours froid dans le dos. Mais c’est ce que l’on aime et recherche chez Agent Side Grinder. Cette beauté sombre qui fait passer Depeche Mode pour les Beach Boys. Introduit par le dansant Look Within, Hardware est aussi riche qu’un disque dur dans lequel on aurait entreposé tout ce qu’il y a de mieux dans la musique sombre depuis la fin des années 70. Il traverse la noirceur analogique avec l’art (industriel ?) d’Einstürzende Neubauten sur Sleeping Fury et la manière (new wave) de Depeche Mode sur Rip Me. C’est sur Stranger, Stranger, sorte d’inédit de Kraftwerk, que se clôture avec brio l’album le plus accessible des Suédois.  La force d’Hardware se trouve donc dans sa capacité à faire paraître comme neuf quelque chose que l’on pensait avoir entendu moult fois.

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