Acetate :: For A While

La belle endormie qu’est devenue la ville de Metz aurait-elle trouvé avec Acetate son groupe le plus bruyant pour la réveiller ? C’est bien possible. La référence à A Place To Bury Strangers,  qualifié de « groupe le plus bruyant de New York »,  n’est pas innocent.  C’est à cette formation que l’on pense lorsque l’on écoute les premières notes de For A While. C’est d’ailleurs après un live des Américains que le duo messin décide de mettre de côté leurs groupes d’origines (Marlones, Back From World War III) pour créer Acetate avec pour seule ligne directrice celle de ne pas avoir de compromis sur le volume sonore et le son noise.
Acetate tire son nom d’un morceau du groupe Metz qui lui-même tire son nom de la ville d’origine d’Acetate.  La boucle est bouclée. Il partage avec eux le goût du bruit blanc et de la fureur noire. « L’esthétique sonore générale a été construit au gré du hasard et des différents éléments qui traînaient déjà dans la salle de répèt’ : de nombreuses pédales, de nombreux amplis. Au départ, on branchait tout, toutes les pédales étaient activées en même temps, et puis petit à petit, on a commencé à maîtriser mieux notre matériel, à comprendre les différentes sonorités possibles pour construire l’univers du groupe tel qu’il est aujourd’hui» Acetate joue avec la matière sonore qu’il malaxe à grand coup de fuzz, reverb et disto. La basse vrombissante de Know That Place fait passer Acetate pour une version dansante de Girls Against Boys. On imagine Ian Curtis faire sa danse sur Epilepsy Dance. Impossible de ne pas penser à Mettallic K.O de The Stooges avec un titre comme Lysergic K.O.
Sound Of Frustation
et Danger sont purement et simplement les deux joyaux de l’EP et font passer les cathédrales soniques de The Jesus & Mary Chain pour des églises de villages.
A la manière de l’Action Painting de Jackson Pollock qui éclaboussait ses toiles, Acetate nous jette en plein visage un son abstrait fait de cold wave, de punk et de noise. De là à baptiser la musique d’Acetate d’Action Noise c’est un risque que l’on ose prendre.
Ces premiers enregistrements à la maturité déjà évidente ont failli ne jamais voir le jour et rester un « atelier bidouillage ». Cela aurait été dommage que l’on ne se prenne pas ce mur du son comme des mannequins dans un crach-test.

Damien